WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Macro-économie / Taux / Indicateurs macros / Macro-économie

Macro-économie / Taux
Indicateurs macros / Macro-économie

France : le PIB 2016 en-dessous des prévisions

L’économie française a fait moins bien qu’attendue en 2016. L’accélération de la fin de l’année n’a pas rattrapé le retard accusé au second trimestre mais laisse présager une année 2017 légèrement meilleure que prévue. Des avis qui divergent chez les économistes.
Arc de Triomphe -Paris - France
Arc de Triomphe -Paris - France

Selon l’Insee, en 2016, l’activité économique en France a progressé de seulement +1,1% après s’être accrue de +1,2% un an plus tôt. “Pour la deuxième année consécutive, l’activité économique aura été dynamique, permettant enfin de faire reculer le chômage tout en continuant à réduire son déficit public” a réagit Michel Sapin, ministre de l’économie. Pourtant, ce chiffre est en-dessous des prévisions du gouvernement qui tablait sur une un chiffre de +1,4% du PIB annuel. “D’un point de vue annuel, la panne de croissance au deuxième trimestre aboutit à un taux de progression du PIB similaire à celui de 2015, confirmant l’existence d’une reprise modérée”, résume Olivier Chemla, chef économiste de l’Association française des entreprises privées (AFEP) dans une note de conjoncture publiée dans la foulée de la publication des chiffres sur l’économie française.

Pour SaxoBank, ces chiffres “confirment une tendance extrêmement molle pour ce qui concerne la croissance”. En effet, “l’absence d’accélération est décevante au regard de la configuration favorable combinant prix du pétrole, taux d’intérêt et taux de change bas, commente Hélène Baudchon chez BNP Paribas. Une partie de l’explication réside dans les difficultés rencontrées par le secteur céréalier (qui a pâti de conditions climatiques difficiles) et l’aéronautique (qui a souffert de problèmes d’approvisionnement et de retards de livraison).” Mais la fin de l’année a été plus active. “La demande interne est plus rapide au dernier trimestre après deux trimestres de quasi stagnation, relève Philippe Waechter, chef économiste chez Natixis AM. L'investissement des entreprises et des ménages ont rebondi et la consommation est un peu meilleure”. Des chiffres qui ont d’ailleurs dépassé les prévisions de Bercy. Selon un comparatif réalisé par l’AFEP, la loi de Finances pour 2016 prévoyait une consommation des ménages en hausse de +1,7%, elle a été de +1,8% et par ailleurs tablait sur une progression des investissements des entreprises non financières de +3,7%, elle a été de +4,3%.

Ce qui semble avoir pesé sur la croissance, ce sont bel et bien les exportations, déjà pointées dans d’autres études. Bercy espérait un rebond de +4,8% qui finalement n’a été qu’une petite hausse de +0,9%. “Après une année 2015 dynamique liée notamment aux ventes de matériel de transport (livraisons aéronautiques en lien avec le record de ventes d’Airbus), le premier semestre de 2016 a enregistré un contrecoup, avec le repli des ventes à l’Asie et au Proche et Moyen-Orient”, rappelle Olivier Chemla. Pour Natixis AM, “le commerce extérieur a été quasi neutre alors que les dépenses du gouvernement ont continué de soutenir l’activité”.

Aussi, le satisfecit du Gouvernement tient plus dans les performances obtenues pour le dernier trimestre 2016 que sur l’ensemble de l’année car elles lui permettent d’afficher un discours très optimiste, élections obligent. “Le rythme de progression de l’activité au 4ème trimestre 2016 (la croissance du PIB a été de +0,4%, après +0,2% au trimestre précédent, ndlr) devrait se maintenir, voire s’accélérer début 2017, anticipe Michel Sapin dans un communiqué. En dépit des risques politiques mondiaux, l’année 2017 s’ouvre sur de très bonnes conditions économiques. Plusieurs indicateurs conjoncturels atteignent des niveaux historiquement élevés.”

Philippe Waechter confirme ainsi que “le repli des stocks est positif car les enquêtes auprès des chefs d’entreprise sont très positives. Il faudra satisfaire la demande et reconstituer les stocks. C’est une bonne nouvelle pour le début 2017.” Ce que conteste Christopher Dembik, responsable mondial de la recherche économique chez SaxoBank. “Nous avons eu la même situation fin 2015 et la perspective d’un redémarrage sur le début de 2016 ne s’est pas vraiment matérialisée. La confiance des ménages et celle des chefs d’entreprises restent une image à un moment donné qui n’est pas fiable pour savoir comment va évoluer la croissance” estime-t-il. D’ailleurs, Natixis AM reconnaît que “l’acquis à la fin 2016 pour 2017 est de 0,4%. C’est le meilleur chiffre depuis 2011 même s’il n’est pas exceptionnel, limitant l’ampleur de la croissance en 2017, sauf à avoir une très forte accélération de l’activité en cours d’année.” Et comme le rappelle Olivier Chemla, “les problématiques de fond relatives au commerce extérieur français (13 années sur 17 de contribution négative à la croissance depuis le début du 21ème siècle) restent posées : compétitivité-prix et hors prix, positionnement des produits…”.

Ainsi, “la croissance française continue d’être tiraillée entre des vents contraires, souligne Hélène Baudchon. Jusqu’ici, les attentes d’une accélération, même modeste, ont été déçues mais il existe une petite chance qu’elle soit au rendez-vous en 2017. Les aléas sont nombreux mais la balance nous paraît équilibrée entre les risques à la baisse et ceux à la hausse.” Christopher Dembik s’affiche nettement plus pessimiste. “En 2017, il y a de très fortes chances que l’objectif du gouvernement ne soit pas atteint et que la croissance soit autour de 1%. Aucun moteur ne semble aujourd’hui efficace. Le CICE n’a pas renforcé significativement la compétitivité des entreprises françaises” conclut-il.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article