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Une bourse dédiée ne suffira pas à financer les PME et ETI

Le comité d'orientation stratégique de NYSE Euronext se réunit aujourd'hui pour discuter de la création d'une bourse dédiée à ces entreprises. Mais il faudrait aussi exploiter l'épargne des particuliers.
Le financement des petites et moyennes entreprises appelle à une refonte globale de l'écosystème. Et la question presse. Les règles de Bâle 3, auxquelles s'est ajoutée la crise, risquent de porter atteinte dans les mois à venir à l'octroi de crédits, principale ressource (92%) des PME et ETI. Pour favoriser leur développement à long terme, le comité d'orientation stratégique, créé par NYSE Euronext, se réunit pour la première fois aujourd'hui. Bien que son rôle ne soit que consultatif, ses membres ont à charge d'examiner les modalités de création d'une bouse dédiée au secteur, comme le suggère le rapport Rameix-Giami. Rendu public en février, ce dernier a pointé du doigt les difficultés pour les PME et les ETI de se financer sur NYSE Euronext (coûts de cotation, de transfert etc). Afin de dynamiser le marché, les auteurs ont préconisé deux solutions: la création par NYSE Euronext d'une filiale dédiée à ses entreprises, avec une participation minoritaire de la Caisse des Dépôts, ou l'ouverture du marché à la concurrence. La Caisse des Dépôts, qui s'est dite ouverte à rentrer au capital d'une plateforme spécialisée, a rencontré NYSE Euronext la semaine dernière. Pour le moment, l'avancée des discussions ne permet pas de savoir si le projet aboutira ou non. La CDC espère qu'ils seront en mesure de présenter une option cet été. En attendant, son directeur général, Antoine Gosset-Grainville, rappelle que l'institution oeuvre déjà pour améliorer la situation. Le mois dernier, deux fonds dotés de 161,5 millions d'euros ont été lancés, qui investiront exclusivement dans les PME et ETI cotées. Mais les esprits ne semblent pas non plus fermés à l'arrivée de la concurrence. A la question de savoir si la candidature du London Stock Exchange pourrait être salutaire, le président de Paris Europlace et P-dg de GDF Suez, Gérard Mestrallet, ne dit pas non. "Tout ce qui peut contribuer à financer les PME est le bienvenu", du moment que la plateforme est réglementée, a-t-expliqué à l'occasion de la présentation du Livre Blanc 2012-2015. Ce document propose d'ailleurs plusieurs pistes pour trouver des fonds, comme la relance du capital investissement, qui représente 7% du financement de ces sociétés. Et pour ce faire, il faudrait veiller à ce que les levées de fonds pour les FCPR soient satisfaisantes, reconduire les incitations spécifiques aux FCPI et au FIP etc. Car la création d'une bourse ne règlera qu'une partie des problèmes. Du coup, les propositions se multiplient. L'Institut Montaigne vient de publier un rapport qui interpelle les candidats à la présidentielle sur la question et propose des mesures très concrètes. Pour favoriser le développement à long terme, le rapport suggère de mobiliser l'épargne des particuliers, par exemple. Ainsi, l'exonération fiscale du PEA ne dépendrait plus de sa date d'ouverture, mais de la durée de détention des titres (au moins cinq ans). En contrepartie, le plafond serait relevé de 132 000 à 300 000 euros. Pour fluidifier le recours à la dette, il conviendrait d'accorder aux compagnies d'assurances l'autorisation élargie d'investir dans des obligations émises par les PME et les ETI etc. Comme le rappelle le think tank, ces entreprises ont représenté 85% des créations d'emplois dans l'UE entre 2002 et 2010...
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