Macro-économie / Taux / Sur les marchés
Macro-économie / Taux
Sur les marchés
Les activistes enchaînent les KO à Wall Street
Particulièrement visibles en ce moment, les investisseurs activistes multiplient les victoires sur le ring de Wall Street. Le personnage du moment est sans conteste Daniel Loeb, patron du hedge fund Third Point, qui a obtenu jeudi la démission du CEO de Sotheby's, William Ruprecht, après 14 ans d'exercice. Cette décision met fin à 15 mois de bataille entre l'investisseur et le management de la maison d'enchères, qui avait déjà consenti trois sièges d'administrateurs au hedge fund en mai dernier. Daniel Loeb avait pris un bloc de plus de 5% du groupe l'été 2013 et reproché la gestion archaïque de l'entreprise, dont le management engageait des dépenses somptuaires alors que les ventes aux enchères étaient elles mêmes en berne. La position du patron a encore été fragilisée par les résultats des enchères d'art contemporain qui ont eu lieu la semaine dernière à New York, où Christie's a engrangé des ventes plus de deux fois supérieures à son concurrent.
Autre fait d'armes de l'investisseur en quelques heures: l'obtention de deux postes d'administrateurs au board de Dow Chemicals, qu'il réclamait à cors et à cris depuis le début d'année. Là encore, Dan Loeb a commencé par prendre une position et réclamer un spin-off de l'activité pétrochimique, qui a de bonnes perspectives grâce au développement du gaz de schiste aux Etats-Unis. Après cette concession de la part de Dow Chemicals, il s'est engagé à ne plus critiquer la société pendant une période d'un an.
Autre personnage emblématique à la manoeuvre en ce moment: Bill Ackman (photo ci-contre), qui a obtenu la tête du patron de Hertz. L'activiste avait pris un bloc l'été dernier lorsqu'ont été révélées des erreurs comptables sur la société au cours des trois derniers exercices, qui ont décrédibilisé son patron. Mais alors que le marché espérait voir revenir l'ancien dirigeant de Dollar Thrifty dont la société avait été rachetée par Hertz, Bill Ackman a suscité les critiques en faisant introniser un inconnu du secteur, John Tague, ancien CEO d'United Airlines.
S'il est encore en pleine manoeuvre stratégique chez Hertz, l'activiste peut se vanter d'avoir fait carton plein sur Allergan. Le fabricant du Botox a finalement préféré l'offre d'Actavis à son offre conjointe avec Valeant, qui prévoyait de réduire les frais de R&D et de faire valser l'exécutif. Au final son fonds Pershing Square engrange une plus-value de 2,6 milliards de dollars sur sa position, dont 400 millions reversés à son malheureux partenaire. Mais il est plutôt heureux qu'il n'ait pas eu gain de cause dans un projet qui risquait de remettre en cause le profil de croissance de ce laboratoire.
D'autres sociétés ont ainsi fait les frais des ambitions des activistes, qui veulent parfois dépecer des success stories industrielles pour en tirer le maximum de cash à tort, relève le New York Times. Ainsi, Daniel Loeb sévit actuellement chez Amgen et souhaite aussi scinder le groupe, qui affiche pourtant 27% de marge nette et 6 milliards de dollars de cash flows. Même syndrome chez PepsiCo, que Nelson Petz veut séparer en deux entités malgré ses bonnes performances. Ce dernier s'agite enfin chez DuPont, qui a pourtant passé plusieurs années à vendre des actifs périphériques et à créer un groupe harmonisé, recentré sur trois activités.
Etant donné les succès qu'ils ont enregistrés ces dernières semaines, les activistes devraient poursuivre leurs batailles boursières, et de nouveaux noms circulent déjà. Mc Donald's, qui malgré la force de sa notoriété n'arrive pas à enrayer la baisse de sa fréquentation. Ou encore Western Union, dont le titre pâtit d'un management désoeuvré malgré la forte génération de cash. Des cibles qui seraient bien plus judicieuses pour les activistes que d'autres sociétés en bon état de marche.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

