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Maurel & Prom poursuit son dépeçage

La société pétrolière de Jean-François Hénin va faire coter sa filiale nigériane en distribuant la totalité des titres aux actionnaires de Maurel & Prom.
Il y a quelques semaines, Jean-François Hénin, le patron et principal actionnaire de Maurel & Prom, prenait tout le monde par surprise en annonçant la fusion de son activité forage, bâtie ex-nihilo et dénommée Caroil SA, avec la société canadienne Tuscany International Drilling, sur la base d'une valorisation d'au moins 200 millions de dollars. Plus qu'un rapprochement, il s'agissait là, naturellement, d'une cession. Dans la mesure où la société française, qui porte le nom d'un ancien comptoir de commerce bordelais, va recevoir une partie de son paiement en cash (120 millions de dollars) et une partie en titres (87 millions de dollars) auxquels s'ajouteront des bons d'attribution d'actions qui procureront un effet de levier si la fusion s'avère bénéfique pour Tuscany. Si bien que Maurel et Prom, dont la capitalisation boursière s'établit à 1.850 millions d'euros, pourrait tirer de cette opération inattendue près de 300 millions de dollars, soit plus de 200 millions d'euros. Mais ce n'est pas tout. Car Jean-François Hénin vient de convoquer l'ensemble de ses actionnaires pour le 12 décembre prochain, dans le cadre d'une assemblée générale où ne sera abordé qu'un seul point : la distribution de la totalité des titres de la société Maurel et Prom Nigeria. Si ce jour-là les actionnaires approuvent ce projet, alors la cotation de cette ex-filiale pourrait intervenir dès le 15 décembre, les actions étant distribuées aux actionnaires de Maurel & Prom à raison de une pour une. Bien sûr, il faudra que l'Autorité des Marchés Financiers donne son accord à une éventuelle cotation sur les écrans de Nyse Euronext. Mais au cas, peu probable, où ce projet serait retoqué, Jean-François Hénin, qui est très courtisé par les brokers britanniques, pourrait céder à la tentation de faire coter ce joyau à la bourse de Londres. Ce qui serait un joli pied de nez à l'égard d'un establishment parisien qui l'a toujours méprisé ! Selon les informations obtenues par WanSquare, les travaux menés dans le cadre de la préparation de cette opération valorisent Maurel & Prom Nigéria à 240 millions d'euros. Ce qui est un minimum. Surtout par rapport aux évaluations faites au printemps dernier par Goldman Sachs. Il reste que même si ce prix était le bon, cela signifierait qu'en l'espace de six mois, Maurel & Prom se serait défait du quart de ses actifs. Plutôt que de céder Maurel & Prom à un groupe indien, avec lequel les négociations ont été très loin, ou à l'italien ENI, qui n'a toujours pas renoncé à mettre un jour la main sur ce pétrolier indépendant, Jean-François Hénin a pris le parti de vendre sa société "par appartements". Ce n'est pas la solution la plus rapide. Mais c'est sûrement la plus rentable pour ses actionnaires. Et cela évite de soulever le sujet brûlant du patriotisme économique.
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