WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Régulation / Concurrence / Banque-assurance / Régulation

Régulation / Concurrence
Banque-assurance / Régulation

Solvabilité 2 : le run-off pour libérer du capital

Les assureurs se délestent d’une partie de leurs anciens risques, trop onéreux en capital depuis l’entrée en vigueur des nouvelles règles. En France, le marché potentiel du run-off est estimé à 41 milliards d’euros par PwC et les transactions ont atteint 2 milliards en Europe au premier trimestre.
Illustration euros
Illustration euros

Solvabilité 2 coûte cher aux assureurs et certains acteurs ont décidé de leur offrir des solutions. C’est le cas de Darag, assureur spécialiste allemand du run-off, qui propose aux sociétés d’assurance et de réassurance d’acquérir leurs portefeuilles inactifs ou ne faisant plus l’objet d’une gestion active. C’est-à-dire qu’il permet aux financières de se délester de leurs actifs qui, depuis l’entrée en vigueur en janvier de Solvabilité 2, peuvent s’avérer beaucoup plus gourmands en capital et ce alors même que les assureurs ne sont parfois plus tournés vers certains segments depuis des années. Le potentiel du marché européen du run-off est estimé 247 milliards d’euros, dont 41 milliards pour la France, selon PwC. De quoi aiguiser l’appétit de Darag, qui compte bien saisir les opportunités à venir dans l’Hexagone.

En effet, depuis début 2016, les assureurs peuvent avoir à allouer jusqu’à 65% de capital supplémentaire pour certaines activités afin de rentrer dans les clous des normes européennes et ce, quel que soit l’âge du portefeuille. Par exemple, si un assureur a arrêté il y a dix ans de faire de l’assurance bâtiment, il doit dorénavant provisionner un certain montant de capital. C’est-à-dire que ses anciens risques lui coûtent cher et l’empêchent de pouvoir en prendre de nouveaux. En outre, « en Europe, il y a un vrai besoin de consolidation des sociétés d’assurance ou, à défaut, d’optimisation des activités pour avoir une position forte dans un marché qui n’est pas très consolidé mais qui est très compétitif », estime Arndt Gossmann, Pdg de Darag. Ainsi, au premier trimestre, les transactions de run-off ont-elles atteint 2 milliards d’euros sur le Vieux Continent.

Certains secteurs sont-ils plus à même d’être touchés que d’autres ? Il n’y a pas de gros fossés entre les activités. La moyenne des réserves brutes pour la responsabilité civile générale atteint 42%, quand ce chiffre est de 39% pour l’assurance-crédit et de 30% pour l’automobile. Les assureurs semblent de plus en plus enclins à transférer une partie de leur bilan puisque Darag constatait en 2014 des transactions moyennes d’environ 20 millions d’euros, contre 200 millions d’euros depuis le début de l’année. D’ailleurs, ses clients reconnaissent que c’est d’abord le régime européen qui les pousse dorénavant à se délester de leurs actifs. A noter également que les assureurs avec lesquels ils traitent sont « les grands groupes internationaux, qui sont les plus avancés dans l’implémentation de Solvabilité 2 », précise Arndt Gossmann. 

En France, les conditions de marché sont favorables à des stratégies de run-off : pression des coûts, réglementation renforcée, faibles taux d’intérêts etc. Le business de Darag est, lui, basé sur les primes que sont prêts à payer les assureurs pour se défaire des actifs trop coûteux. A noter que pour l’instant, la firme, qui a déjà engrangé pour 700 millions d’euros de transactions en Europe, n’a pas encore décroché d’affaires en France, où les concurrents ne sont pourtant pas légion. Le marché hexagonal est-il fin prêt pour cette stratégie ?

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article