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Après les Parisiennes, Sandro Maje veut conquérir la Bourse

Le groupe d’habillement, racheté l’an passé par le chinois Shandong Ruyi, a déposé son document de base et compte lever 120 millions d’euros lors d'une IPO d’ici la fin de l’année. Cela permettrait à l’actionnaire minoritaire KKR, qui a perçu de généreuses commissions, de signer sa sortie.
Sandro Maje
Sandro Maje

Alors que l’IPO de SMCP (Sandro Maje Claudie Pierlot) avait été écartée au profit d’une vente au chinois Shandong Ruyi il y a 18 mois, le groupe d’habillement repart à l’assaut de la Bourse. Ce lundi, il a déposé son document de base après de l’AMF et a pour ambition de lever 120 millions d’euros d’argent frais sur les marchés, d’ici à la fin de l’année. Le mois dernier, des sources avaient révélé que Bank of America Merrill Lynch, JP Morgan et KKR Capital Markets avaient été choisies pour conduire cette opération, qui sera une des plus importantes IPO de l’année sur Euronext.

Les trois marques de SMCP ont le vent en poupe : le groupe a dégagé 786 millions d’euros de chiffre d’affaires l’an passé, et a quasiment doublé ses revenus en l’espace de seulement trois ans. L’Ebitda a de son côté atteint 130 millions d’euros, soit une marge de 16,5% enviable dans le retail, dû à une stratégie de montée des prix tout en actualisant régulièrement les collections. SMCP applique également une campagne agressive d’ouverture de magasins : 91 sur les douze derniers mois, pour un total de plus de 1200 points de vente.

Le groupe a été détenu par plusieurs actionnaires financiers : L Capital (filiale de Groupe Arnault et LVMH) en 2010, puis KKR à partir de 2013, qui avait envisagé une sortie en Bourse avant de favoriser une vente au chinois Shandong Ruyi, pour une valorisation de 1,3 milliard d’euros. Mais le fonds de private equity américain a gardé une part minoritaire de 10% du capital, et continue de percevoir à ce titre de généreuses commissions : selon le document de base, KKR et sa filiale KKR Capstone ont facturé 1,5 million d’euros de frais de gestion en 2014, un montant qui est certes tombé à 250 000 euros l’an passé, lorsque le fonds a cédé ses parts. Mais il a en revanche été largement rémunéré sur les 125 millions d’euros d’obligations convertibles vendues à la société et que cette dernière a remboursées l’an passé moyennant plus de 30 millions d’euros d’intérêts capitalisés !

Autres dépenses somptuaires révélées par le document de base : celles engagées en faveur des anciens dirigeants de Sandro Maje, Elie Kouby et Frédéric Biousse, entre avril et décembre 2014 lorsqu’ils ont passé la main au nouveau P-dg, Daniel Lalonde. Ces derniers ont bénéficié d’une prestation de service « en vue de faciliter l’arrivée du nouveau président », d’un montant de 524.000 et 372.000 euros ! Et la deuxième a été résiliée en septembre, ce qui a permis à son bénéficiaire d’empocher une indemnité de 1,3 million d’euros…

Quoi qu’il en soit, l’environnement des IPO semble favorable au groupe de prêt-à-porter : les levées de fonds ont grimpé de 20% en Europe au premier semestre, à 20 milliards de dollars, et Paris se ressaisit doucement, après un millésime 2016 moribond. La capitale française a accueilli plusieurs spin-off industriels, comme la filiale ALD Automotive de la Société Générale, qui a passé le cap du milliard d’euros de valorisation, ou encore la foncière Carmila de Carrefour qui a levé plus de 600 millions d’euros. Enfin, le groupe de semi-conducteurs X-Fab a collecté près de 500 millions d’euros au printemps dernier. Rappelons tout de même que ces trois opérations significatives se sont toutes placées en bas de fourchette.


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