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Crédit Agricole : Philippe Brassac présente le nouvel organigramme

Le nouveau directeur général de CASA vient d'annoncer une nouvelle organisation de la banque assortie de nombreuses nominations. Dont celle de Jérôme Brunel au poste de secrétaire général à la place de Joseph d'Auzay. Mais aussi celle de Frédéric Thomas à la tête de Crédit Agricole Assurances. Les résultats semestriels sont bons.
Philippe Brassac
Philippe Brassac

Philippe Brassac, le tout nouveau directeur général de Crédit Agricole SA n'aura pas mis longtemps à imprimer sa marque. Il a profité de la publication des comptes semestriels pour présenter la nouvelle organisation de la banque et l'organigramme qui en découle. D'abord, deux départs importants : celui de Bruno De Laage, directeur général délégué, mais aussi celui de Joseph d'Auzay, secrétaire général. Ce dernier est remplacé par Jérôme Brunel qui occupait précédemment les fonctions de directeur des affaires publiques de CASA depuis 2009 après s'être occupé du capital investissement, de la banque privée et pris la direction des services financiers spécialisés.

Autre nomination importante : celle de Frédéric Thomas à la tête de Crédit Agricole Assurances et de Predica en remplacement de Jérôme Grivet, parti diriger les finances de la banque en tant que DGA. Frédéric Thomas était depuis 2007 directeur général de la Caisse Régionale de Normandie-Seine après avoir fait toute sa carrière au Crédit Agricole. A noter que sont nommés en tant que seconds dirigeants effectifs de Crédit Agricole Assurances, Thierry Langreney et Henri Le Bihan, lesquels conservent en complément leur fonctions actuelles à savoir respectivement la direction générale de Pacifica et la direction de Caci tout comme la présidence de La Médicale. Le premier est diplômé de Polytechnique et de l'Institut des Actuaires français, le second du Centre des Hautes Etudes d'Assurance.

Du côté de l'organisation, Philippe Brassac a entièrement remodelé la construction de l'organigramme le faisant passer d'un modèle en silo à celui d'un modèle plus collectif. Du coup, il a décidé de créer 4 pôles métiers, tous rattachés de manière "plus directe" avec la direction générale et 3 pôles fonctions centrales "pour construire de manière transversale les chantiers de demain", et bien évidemment la simplification de la construction de l'édifice Crédit Agricole.

Parmi les pôles métiers, celui Grande clientèle est placé sous la direction de Jean-Yves Hocher, directeur général de Crédit Agricole CIB ; le pôle épargne, assurances et immobilier est, lui, placé sous la direction d'Yves Perrier, le patron d'Amundi bientôt introduit en Bourse ; le pôle services financiers spécialisés aura pour directeur, Philippe Dumont, patron de Crédit Agricole Consumer Finance, enfin le pôle filiales banques de proximité aura pour DGA Michel Mathieu. Parmi les 3 pôles fonctions centrales : celui de développement client et innovation est placé sous la direction d'Olivier Gavalda ; celui de fonctionnement et transformation, sous celle de Michel Mathieu à nouveau et enfin celui de finances Groupe, sous celle de Jérôme Grivet qui supervisera également la stratégie et les études économiques."Cette construction n'est pas une réorganisation des pouvoirs. Il faut travailler de manière plus collective, de manière à pouvoir trouver rapidement les solutions qui nous permettront de présenter une réelle valeur ajoutée" a commenté Philippe Brassac qui s'exprimait pour la première fois depuis sa nomination en avril dernier, et a promis de présenter les premiers résultats concrets de ces réflexions dès la rentrée.

En attendant, il a annoncé des résultats semestriels de bonne facture avec une hausse significative du résultat net part du groupe à 2,73 milliards d'euros contre 2,03 milliards un an plus tôt à pareille période pour le Groupe. Tous les métiers affichent des progressions assez sensibles, que ce soit au niveau de la conquête de nouveaux crédits que de la collecte d'épargne et plus particulièrement d'assurance-vie. Amundi a ainsi collecté sur le premier semestre 46,6 milliards d'euros, faisant de l'établissement le premier collecteur européen sur cette période. Les contrats d'assurance vie Euro Croissance ont généré 250 millions d'euros. Les activités en Italie ont également donné toute satisfaction, le RNPG de cette zone ayant dégagé 230 millions d'euros avec 118 milliards d'euros d'actifs sous gestion.

A noter que ces performances tiennent compte d'une nouvelle provision pour risque de litige de 350 millions d'euros portant le total de la provision à 1,6 milliard d'euros. La banque française est en pleines discussions avec les autorités américaines et estime qu'une issue devrait bientôt intervenir, sans doute d'ici un mois. Philippe Brassac n'a pas voulu préciser quel serait le poids total de cette amende en perspective.

Quant aux perspectives du groupe, le nouvel homme fort de la banque a tenu un discours tout à la fois prudent et engagé. Prudent car il estime que la crise financière n'est pas purgée, que l'environnement est toujours menaçant et que certains risques systémiques demeurent. Et d'énumérer plusieurs ruptures inquiétantes comme la concurrence dérégulée, ce fameux shadow banking qui "nous interpelle", mais aussi l'excès de régulation et ces risques juridiques très imprévisibles et donc menaçants. Engagé également car il considère ces menaces comme autant d'opportunités à saisir. "Nous voulons en profiter pour prendre le leadership de nouveaux modèles, transformer l'exigence de conformité en ambition de réputation", a soutenu Philippe Brassac. Avant d'ajouter qu'il comptait tout autant mettre "du moteur commercial" dans la machine, le véritable carburant susceptible de générer la croissance de demain. Feuille de route bien chargée donc pour une rentrée qui risque de l'être encore plus. D'autant que le projet de simplification des structures est plus que jamais d'actualité. Reste toutefois à la mettre en musique au diapason des régulateurs européens qui planchent sur le modèle mutualiste. Avant de mettre tout le monde sur le même rythme, il risque toutefois de se passer quelques mois supplémentaires.

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