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Coup de froid en Allemagne
L'Allemagne n'a pas fait mieux que ses voisins européens au premier trimestre de cette année, et dévoilé ce matin un PIB inférieur au consensus et deux fois moins élevé que sur les trois derniers mois de 2017. La croissance du pays a ainsi atteint 0,3% seulement entre janvier et mars, alors que les analystes tablaient plutôt sur 0,4%, et après avoir affiché 0,6% donc sur le dernier trimestre de l'an dernier. Soit le rythme le plus faible affiché depuis plus d'un an, et le même niveau que celui dévoilé par la France et l'Italie il y a quelques semaines sur la même période. Du coup, certains économistes craignent de devoir revoir à la baisse leurs anticipations de croissance de la zone euro pour 2018, l'ensemble des pays ayant marqué le pas en ce début d'année. Pour l'instant, la seconde estimation de PIB pour la zone euro au premier trimestre, dévoilée ce matin n'a pas été abaissée : Eurostat a ainsi confirmé que la zone euro avait progressé de 0,4%. Il y aura encore une troisième estimation qui permettra d'ajuster si besoin les données.
Dans le détail, les investissements allemands dans le domaine de la construction et des équipements ont progressé, mais la chute brutale de la production industrielle (passée de 1% à quasiment 0% entre le T4 2017 et le T1 2018) et un effondrement des ventes au détail (-0,9% le plu mauvais trimestre depuis 7 ans), ont plombé le PIB ce trimestre. La consommation des ménages a également moins progressé qu'anticipé (au T4, le taux d'épargne des Allemands avait augmenté, annonçant une régression de la demande des ménages), tandis que les investissements publics ont diminué pour la première fois en cinq ans. Une baisse des dépenses de l'Etat qui ne devrait être que temporaire selon Rainer Sartoris, économiste chez HSBC, puisque les revenus fiscaux du pays doivent progresser et devraient permettre de disposer de 10,8 milliards d'euros d'ici 2022. "Une partie de cette somme sera dépensée par le gouvernement, même si certains ministres espèrent se servir de ces recettes pour financer des allègements fiscaux pour les ménages", explique l'économiste d'HSBC. Le ministre des Finances allemand Olaf Scholz a d'ailleurs présenté ce matin le budget pour l'année 2018 et confirmé que le gouvernement comptait investir, "sans pour autant accroître la dette du pays", a-t-il précisé.
Certes, le ralentissement allemand n'est pas une surprise puisque les dernières enquêtes de confiance des entreprises et des ménages annonçaient un refroidissement de l'économie outre-Rhin. Sachant que les mouvements de grève chez IG Metal et un hiver plus rigoureux que d'habitude ont contribué à peser sur la croissance du pays en ce début d'année. Soit des facteurs temporaires, tentent de se rassurer les officiels allemands. Mais dans un contexte de tensions commerciales prononcées et de regain de protectionnisme l'Allemagne ne devrait pas parvenir à retrouver son rythme de croissance de 2017. Les exportations du pays ont d'ailleurs marqué le pas au premier trimestre.
La BCE tout comme la Commission ont pour l'instant minimisé le risque d'une poursuite du ralentissement économique en zone euro, la première ayant ré affirmé qu'elle stopperait ses achats de titres souverains cette année, confiante dans la croissance du Vieux Continent, et la seconde n'ayant pour l'instant pas abaissé ses prévisions de croissance. Les prochaines enquêtes de confiance dans les différents pays de la zone euro, permettront de se faire un avis prospectif sur le rythme de croissance à attendre au deuxième trimestre et de savoir si la BCE et la Commission ont été trop optimistes.
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