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Que la montagne est belle !

La Compagnie des Alpes, filiale de la Caisse des Dépôts, est généreuse avec son président, dont la rémunération atteint des sommets...inexpliqués !
La Compagnie des Alpes est une très belle entreprise. C'est surtout une très belle illustration de ce que la Caisse des Dépôts sait faire de mieux en alliant ses missions de service public, son savoir-faire en matière d'infrastructures, sa compétence dans l'aménagement du territoire et sa connaissance du secteur du tourisme. Petit à petit, cette société, détenue à hauteur de 40 % par l'Institution de la rue de Lille, qui y nomme le président, est devenue un grand dans le secteur des remontées mécaniques ou des domaines skiables de manière générale, et des parcs d'attraction (Parc Astérix, Musée Grévin, France Miniature...). Le modèle économique de la Compagnie des Alpes n'est pas plus compliqué que celui d'une société autoroutière. Il consiste à entretenir des infrastructures et à attirer dans ses stations et ses parcs le plus de touristes possibles, tout en entretenant les meilleures relations avec les élus locaux. Il y a trois ans, lorsque Dominique Marcel, l'ancien numéro deux de la Caisse des Dépôts, qui avait été auparavant directeur adjoint du cabinet de Lionel Jospin, a été nommé à la présidence de la Compagnie des Alpes, tout le monde y a vu une forme d'exil à Sainte-Hélène. Toute la gauche caviar "tendance gros grains" s'est apitoyée sur le sort de cet inspecteur des finances qu'on envoyait gérer des stations de ski. Manifestement, l'ancien conseiller économique de François Mitterrand à l'Elysée ne semble pas si malheureux de son sort. Le document de référence de la Compagnie des Alpes qui vient d'être publié nous apprend qu'en l'espace d'un an, sa rémunération annuelle a été augmentée de 18 % à 555.060 euros. Et par rapport à la dernière rémunération perçue par son prédécesseur, Jean-Pierre Sonois, on observe un bond de 30 %. Tout cela serait légitime si les actionnaires étaient traités à la même enseigne. Mais il se trouve, que depuis son arrivée à la tête de la Compagnie des Alpes, l'action a dévissé de 25 %, en dépit d'une activité plutôt résiliente aux aléas de la conjoncture. C'est dire si l'on a hâte de découvrir "les adaptations apportées à la Charte de Gouvernement d'Entreprise par le conseil d'administration" et qui seront présentées à l'assemblée générale des actionnaires du 17 mars prochain. Peut-être y est-il indiqué que - même si l'on est issu de la fonction publique - il n'est pas anormal que la rémunération d'un dirigeant dépende davantage de sa création de valeur que de critères "qualitatifs" non explicités dans les documents soumis aux actionnaires ?
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