La difficile équation d'Air France-KLM
Air France-KLM n’avait pas besoin de cela. Déjà en butte à d’infructueuses négociations avec l’ensemble du personnel et plus particulièrement les pilotes depuis de longs mois, mais aussi d’autres soucis du côté des changes ou de la volatilité des prix du kérosène, la compagnie vient de connaître un épisode d’une rare violence où l’intégrité humaine a été remise en question. Ce geste inqualifiable de grévistes à l’égard de salariés du groupe n’a d’ailleurs pas échappé à la communauté internationale qui s’en est logiquement émue ce matin dans tous les journaux.
Difficile maintenant de renouer un dialogue serein avec les différentes parties prenantes même si la direction de la compagnie aérienne a voulu jouer l’apaisement juste après les agressions. Celle-ci estime d’ores et déjà qu’il n’est pas envisageable de signer dans les trois mois un accord sur la révision de l’accord collectif qui court jusqu’en octobre 2016. Soit une réelle épine dans le pied d’Alexandre de Juniac qui tente désespérément de réduire les coûts d’une entreprise de plus en plus concurrencée par les compagnies asiatiques mais aussi low cost.
En reprenant le suivi de la valeur en août dernier, la société de Bourse Kepler-Cheuvreux n’était pas tendre avec le groupe. Elle estimait en effet que malgré sa sous-performance par rapport à ses homologues mondiaux, elle devait rester sous pression. Et de justifier sa recommandation « d’alléger » (avec un objectif de cours de 5,20 euros pour un niveau actuel de 6,04 euros) par les faibles prix pratiqués pour les longs courriers, son exposition à l’Afrique du Nord, les accords salariaux défavorables et le manque de solidité du bilan.
Sévérité pas vraiment partagée par tous les analystes, ceux d’Oddo étant plus cléments en anticipant un cours de 7,60 euros. Et ce, en raison principalement des mesures de réduction de la flotte prévue pour 2016 et 2017. Société Générale, pour sa part, est à l’achat sur la valeur compte tenu des performances de la dernière saison estivale. « Le management travaille sur des partenariats pour les lignes en Asie tandis que Transavia poursuit sa croissance et que Transavia Nederland se développera bientôt en dehors des Pays-Bas », précise l’analyste qui a pour objectif de cours 8,50 euros. Le titre Air France-KLM se tient plutôt bien aujourd’hui malgré les soubresauts de ces dernières heures. Sur la durée, le parcours est toutefois moins flamboyant. Depuis le début de l’année, il lâche 23%. En l’espace de 5 ans, environ 50%.
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