WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Un bonus pour Areva

La minoration de 40% de la valorisation des parts de Siemens dans Areva NP est une excellente nouvelle pour le français, en pleine incertitude sur l'impact de Fukushima sur son activité future.
"Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse", Anne Lauvergeon pourrait reprendre à son compte ce vers célèbre d'Alfred de Musset. En infligeant une amende de 648 millions d'euros, soit le maximum prévu par le pacte d'actionnaires entre Siemens et Areva pour solder la cession de la participation du groupe allemand dans Areva NP, la Chambre de commerce internationale s'est certes basée sur le non-respect du pacte. Le tribunal arbitral a estimé, comme le disait Areva, que l'annonce par Siemens d'un projet de joint-venture avec Rosatom, quelques jours après sa décision de sortir d'Areva NP, n'était pas conforme aux accords liant les deux groupes. La CCI a aussi décidé que Siemens devra attendre jusqu'en septembre 2013, soit quatre années après l'accord de principe de cession de ses parts dans Areva NP, pour pouvoir concurrencer le français dans le nucléaire. In fine, cette décision revient à réduire la facture payée par Areva à Siemens pour ses 34% dans Areva NP à 972 millions d'euros, au lieu de la somme de 1,62 milliard estimée par l'expert indépendant en mars dernier. Or, au-delà des problèmes de concurrence, cette somme qui correspondait à une valorisation d'Areva NP de 4,8 milliards d'euros, était basée sur la valeur du constructeur de centrales au moment de l'annonce de la sortie en janvier 2009. Deux ans après, le groupe français était en outre très optimiste sur le développement de ses activités et la croissance de sa rentabilité, en raison de la reprise du nucléaire. Malheureusement, la catastrophe de Fukushima intervenue il y a deux mois a remis en cause ces prévisions, qui s'appuyaient notamment sur des projets visant à doubler le nombre de réacteurs nucléaires installés dans le monde au cours des prochaines années. Areva a d'ailleurs annoncé, début mai, qu'il suspendait les prévisions financières pour 2011 et 2012 faites auparavant, qui ne sont plus pertinentes depuis le séisme japonais dont on ne peut encore évaluer les répercussions sur l'activité du groupe. Siemens pouvait certes se réjouir discrètement en sachant que la valorisation de sa part était ainsi devenue très généreuse. Mais la décision de la CCI remet en quelque sorte les pendules à l'heure. En diminuant de 40% la part de l'allemand, pour d'autres raisons, elle valorise en fait Areva NP à 2,8 milliards d'euros au lieu de 4,8 milliards. Un chiffre qui est sans doute plus conforme à la réalité d'aujourd'hui.
Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article