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Saudi Aramco : nouveau rebondissement dans le projet d'IPO

Le fonds souverain norvégien a accusé la bourse de Londres d'assouplir ses règles d'IPO pour inciter le géant pétrolier à s'introduire chez elle. Saudi Aramco n'a pas encore déterminé quelle bourse il avait choisi, mais a confirmé que l'opération aurait lieu l'an prochain.
Ali Al-Naimi -(Arabie saoudite - Pétrole
Ali Al-Naimi -(Arabie saoudite - Pétrole

L'introduction en bourse de 5% du géant pétrolier Saudi Aramco aura fait couler beaucoup d'encre, au gré des annonces et changements de position du royaume, qui n'a toujours pas précisé où il comptait s'introduire. Sachant que la semaine dernière, un article du Financial Times annonçait que l'IPO serait finalement annulée, et que Saudi Aramco aurait plutôt recours à des investisseurs privés, un chinois ayant proposé de reprendre 5% du groupe. 

Le géant pétrolier a finalement démenti dans un tweet et confirmé que l'IPO était prévue pour début 2018. Interrogé aujourd'hui par Bloomberg sur le projet, le ministre du pétrole Khalid Al-Falih a ainsi affirmé : "oui bien sûr, l'IPO est sur les rails", refusant en revanche de se prononcer sur le potentiel investisseur chinois. Autre information qui a provoqué quelque remous en fin de semaine dernière: celle selon laquelle Saudi Aramco aurait demandé à FTI Consulting de stopper sa mission de conseil auprès des investisseurs, dans le cadre de l'IPO. Brunswick poursuit de son côté son travail de relations presse et pourrait récupérer une partie de la mission de son concurrent, même si aucune des sociétés, recrutées par Saudi Aramco au début du projet d'IPO, n'ont souhaité commenter. 

Les principales bourses mondiales sont en tout cas sur le qui-vive, puisque l'opération représenterait la plus grosse IPO de l'histoire, estimée à 100 milliards de dollars, dépassant l'introduction d'Alibaba qui avait permis de lever 25 milliards en 2014. La bourse de Londres a même annoncé en juillet dernier envisager de modifier ses règles d'introduction pour les "bluechip", afin de permettre à Saudi Aramco de choisir le Royaume-Uni pour son opération. Jusqu'à présent, une entreprise qui aurait souhaité accéder au segment le plus prestigieux du LSE,  intitulé "premium listing" et ouvrant l'accès au FTSE, devait mettre en Bourse au moins 25 % de son capital. Aramco ne prévoyant de céder que 5 % de ses titres, la FCA a donc proposé de créer une nouvelle catégorie pour les sociétés détenues par un Etat, qui pourraient accéder au segment premium sans avoir besoin de respecter les règles. 

Un changement de règlementation qui n'a pas du tout plu au fonds souverain norvégien : dans un courrier envoyé à la FCA aujourd'hui, Norges Bank Investment Mangement a ainsi reproché à la Financial Conduct Authority de mettre en danger la protection des petits actionnaires. "Ces règles avaient été introduites afin de fournir un équilibre nécessaire à la protection des petits actionnaires contre d'éventuels abus", a ainsi affirmé le fonds dans un courrier en réaction à la consultation de la FCA sur le changement de réglementation. "Sans un tel garde-fou, un actionnaire majoritaire pourra prendre des décisions qui ne sont pas alignées avec les intérêts de long terme de l'entreprise ou des autres investisseurs", a ainsi affirmé le fonds norvégien. Son avis ne devrait pas être pris à la légère, alors que le fonds représente le plus gros investisseur souverain au monde, avec plus de 660 milliards de dollars investis en actions dans plus de 9000 entreprises internationales. 

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