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Club Med : la semaine de la dernière chance

L’homme d’affaires italien Andrea Bonomi est monté à 8,6% du capital du groupe, tandis que la famille Benetton ne veut plus apporter ses parts à l’offre d’Ardian et Fosun. La dernière semaine d'OPA sera cruciale pour son dénouement.
Club Med
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Semaine difficile pour le Club Med. Mardi, on apprenait que Strategic Holdings, le fonds luxembourgeois dirigé par l’homme d’affaires italien Andrea Bonomi, était monté à plus de 5% du capital et ne comptait pas apporter ses titres à l‘offre à 17,5 euros par titre formulée par Gaillon Invest, qui regroupe Ardian et Fosun. Ce dernier semble avoir été à la manœuvre dans la montée progressive du cours de Bourse, qui a dépassé le niveau de l’offre depuis mi-mars. Il a par ailleurs indiqué sont intention « de poursuivre ses achats d'actions en fonction du cours et de la liquidité de ces titres ».

Hier, les choses se sont encore gâtées lorsque la holding Edizione de la famille Benetton a indiqué qu’elle renonçait à apporter ses titres (soit 2,2% du capital) en raison d’un cours de bourse « désormais sensiblement supérieur » à l’offre. En réalité, les familles Bonomi et Benetton sont deux hautes familles italiennes très proches et ont déjà réalisé des co-investissements ensemble. Mais Gaillon Invest a rappelé que l’engagement initial d’Edizione était irrévocable et envisager des mesures judiciaires pour faire appliquer cette décision.

Le timing de communication financière n’aurait pas pu être pire puisque ce matin, le groupe dirigé par Henri Giscard d’Estaing a annoncé des résultats semestriels moroses, avec un chiffre d'affaires en recul de 0,4% et résultat net de 16 millions d'euros contre 18 millions un an auparavant, un "très fort recul de l'activité en France et en Belgique" et une baisse de 3% des réservations pour l’été 2014. Tandis que Strategic Holdings a indiqué détenir désormais 8,3% du capital et vouloir continuer ses achats « sous certaines conditions », sans avoir l’intention de déposer une offre concurrente d’ici au 23 mai, date de clôture de celle d’Ardian et Fosun.

La semaine qui arrive sera donc décisive. Selon des sources de marché, la holding italienne représente 60 à 80% des volumes quotidiens de trading sur la valeur et c’est donc elle qui tire le cours à la hausse. Si elle n’apporte pas ses titres à l’offre, elle doit avoir un plan alternatif pour Club Med, mais n’en a pour l’instant fait aucune intention et n’a d’ailleurs eu aucun contact avec le management ni aucun accès privilégié à l’entreprise. Ce manque de transparence est d’ailleurs critiqué par les initiateurs de l’offre, qui ont écrit à Bertrand Durupt, direction de la division offres publiques de l‘AMF, pour obliger le trouble-fête à dévoiler ses intentions.

Pour eux, la demande à la vente est importante et Strategic Holdings, qui n’a pas les mêmes moyens que sa maison-mère BI Invest, ne pourra tenir ce rythme. D’autant que certains fonds comme Boussard et Gavaudan, Tyrus Capital ou Polygon Global Partners se sont positionnés comme chantage au « squeeze-out », c’est-à-dire dans le but de réclamer un certain prix à l’acheteur qui veut obtenir une intégration globale. Or, tel n’est pas le cas d’Ardian et Fosun, qui veulent seulement atteindre la limite de 50% du capital, donc les fonds pourraient vouloir tirer parti de cette fenêtre de tir à la vente.

Si le fonds italien s’arrête d’acheter, le cours qui traite aujourd’hui à 18,6 euros sera tiré à la baisse et pourrait revenir à son niveau d’offre. S’il continue, il sera probablement tenu de sortir du bois, avec ou sans partenaire, mais avec une feuille de route plus claire. Pour l’instant, Ardian et Fosun en sont réduits au rôle de spectateur pour leur dernière semaine d’offre, et attendent de savoir si ce mariage chinois se finira en divorce à l’italienne.


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