Qui perd gagne
Colgate Palmolive a dû payer le prix fort pour Sanex, mais l'opération lui profitera autant qu'au vendeur Unilever.
Vente forcée ne veut pas toujours dire prix cassé. Quatre mois après l'aval de la Commission européenne au rachat des produits d'hygiène de Sara Lee sous condition de la cession de Sanex, Unilever a trouvé un bon acquéreur.
Certes, le groupe anglo-néerlandais aurait préféré conserver ce spécialiste des déodorants et des gels douche. Mais la position dominante que son adjonction à Dove, Axe et Rexona lui donnait dans une demi-douzaine de pays européens, ne le permettait pas.
Unilever n'a cependant pas de quoi se plaindre des injonctions européennes. Les belles marges du marché de l'hygiène corporelle ont en effet suscité les convoitises. Et pour l'emporter face à Henkel et Procter & Gamble, l'américain Colgate Palmolive a dû offrir 672 millions d'euros. Un chiffre inespéré, car il représente 3,6 fois les ventes du modeste Sanex. Un ratio trois fois plus élevé que ce qui se pratique d'ordinaire dans ce secteur.
Si tout ce qui est rare est cher, Colgate ne fait pas une mauvaise affaire pour autant. Moins présent que ses concurrents dans le créneau des déodorants et gels, il se renforce dans un domaine porteur et très profitable, tout en cédant au passage à Unilever ses activités dans la lessive en Colombie pour 215 millions de dollars.
Si l'européen peut considérer qu'il récupère ce paquet pour rien, étant donné le prix de vente exceptionnel de Sanex, Colgate Palmolive bénéficiera de son côté de la meilleure rentabilité de cette dernière. De sorte que globalement, l'opération intégralement payée en cash aura un effet relutif de 4% sur les profits de l'américain dès cette année. Comme quoi, pour une fois, Bruxelles n'aura fait que des heureux.
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