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Sur les marchés / Macro-économie / Gestion d'actifs

Axa IM signe une collecte record en 2015 et se joue des taux négatifs

La société de gestion d’actifs a vu sa collecte progresser de 120% à 42 milliards d’euros l’an passé grâce au retail et à l’assurance, notamment aux Etats-Unis et en Chine. Le défi à venir est de taille, alors que le spectre des taux négatifs rôde.
Andrea Rossi
Andrea Rossi

Andrea Rossi, directeur général d’Axa IM (photo ci-contre), ne boudait pas son plaisir au moment d’annoncer les résultats annuels de son groupe, et pour cause. Celui qui avait dessiné les contours du plan stratégique début 2014, six mois après son arrivée, en récolte les fruits deux ans plus tard : Axa IM a enregistré une collecte record de 42 milliards d’euros en 2015, en hausse de 120% sur un an, dont 12,5 milliards pour le compte de tiers. « Il s’agissait de la sixième collecte nette au niveau mondial à fin septembre, et la vingtième en termes d’encours», souligne ainsi Andrea Rossi, le groupe ayant profité de la dynamique du segment retail et assurance, et de la croissance des nouveaux territoires, dont les Etats-Unis et la Chine. Les encours ont ainsi progressé de 7% à 669 milliards d’euros, malgré la perte de 33 milliards d’euros gérés jusqu’à présent pour l’assureur britannique Friends Life, qui a été avalé par Aviva.

Si Axa IM tire encore 62% de ses encours des compagnies du groupe Axa, c’est la clientèle tiers qui représente près des deux tiers des commissions perçues en 2015. Le groupe a bouclé de bons résultats l’an passé, avec des revenus en hausse de 9% à 1,23 milliard d’euros, dont 13% hors d’Europe. Axa IM fait également contre mauvaise fortune bon cœur avec Friends Life, car le retrait des actifs a donné lieu à des commissions qui ont fait gonfler le résultat net de 27% l’an passé, à 269 millions d’euros.

Mais les performances passées ne présagent pas des résultats futurs, loin s’en faut, c’est la raison pour laquelle Andrea Rossi a élaboré la stratégie du groupe en trois axes. Continuer à développer l’international tout d’abord, alors qu’en France (35% des revenus), l’arrivée de Florence Dard au printemps dernier a déjà donné des résultats. Il a également musclé son bureau américain, où officient 95 investisseurs, et compte développer sa présence en Amérique du Sud à partir de son nouveau bureau chilien. Sans oublier les joint venture en Asie, hormis l’Inde qui est un territoire plus difficile. Diversifier les produits ensuite, notamment dans le retail où Axa IM a enregistré 6,8 milliards d’euros de collecte nette (dont 1,8 milliard en unités de compte) et l’assurance. Et se démarquer dans la gestion opérationnelle, avec une baisse de 3,2 points du coefficient d’exploitation, à 68,8%, qui devrait se poursuivre.

Si Axa IM a réussi à sortir son épingle du jeu en 2015, avec pas moins de 200 nouveaux clients institutionnels et distributeurs, le terrain de jeu s’annonce plus difficile cette année, avec un retour de la volatilité, des craintes sur la croissance mondiale et l’orientation du pétrole. Le chef économiste Eric Chaney, qui a offert sa vision du monde peu de temps avant de laisser sa place à Laurence Boone, a ainsi rappelé que le monde se dirigeait vers la croissance la plus faible depuis 2009, à 2,7% selon les calculs d’Axa IM. Cela est lié au ralentissement de la hausse de la productivité américaine, qui n’est plus que de 0,6% par an contre 2% en rythme de croisière. Mais aussi au ralentissement conjoncturel et structurel de la Chine, dû à la mutation vers une économie basée sur les services. « Un passage vers une croissance plus faible mais durable, ce qui est une bonne nouvelle », juge Eric Chaney. Et enfin l’impact de la baisse des matières premières sur les pays émergents.

Pour lutter contre cette nouvelle donne, les banques centrales ont déjà donné de leur personne, comme vient encore de le démontrer Mario Draghi ce jour. La dernière crise a douché la volonté des Etats d’en profiter pour s’endetter, d’où un taux d’intérêt d’équilibre retraité de l’inflation à zéro, selon la Fed. Pourtant, ce ne sont que de véritables politiques budgétaires de relance qui pourraient venir compléter et optimiser des politiques monétaires expansionnistes. Faute de cela, le spectre des taux d’intérêt négatifs rejaillit. La Fed y semble réticente au vu des dernières déclarations de Janet Yellen, mais les pays scandinaves y semblent plus ouverts, à la suite du Japon et de la Suisse.

Dans un monde de faible rendement, il existe tout de même des opportunités sur l’obligataire, en particulier sur le high yield, souligne Eric Chaney, surtout tant que le risque de récession aux Etats-Unis est très faible. Ce dernier ne croit pas à un cycle exact de sept ans et juge que le maintien de la pente des taux laisse encore augurer de beaux jours. Et que la hausse du dollar sera une thématique de fond. Enfin, les actifs alternatifs seront une classe de plus en plus prisée, mais aussi la Chine, où les possibilités d’investir à l’étranger pour les épargnants ouvrent de nouvelles perspectives.


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