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Banques : Hill reprend le bâton de pèlerin de Barnier

En voyage aux Etats-Unis, le nouveau commissaire aux Services Financiers s’est exprimé dans le WSJ sur ses inquiétudes concernant les règles auxquelles les banques européennes sont soumises aux US. Les stress-tests sont dans sa ligne de mire.
Jonathan Hill
Jonathan Hill

Nouvel homme, même combat. En voyage aux Etats-Unis, le nouveau commissaire européen aux Services Financiers, Jonathan Hill, n’a pas oublié avec lui le dossier de l'égalité de traitement des banques européennes outre-Atlantique. A l’instar de son prédécesseur, Michel Barnier, le Lord fait valoir les exigences auxquelles sont soumises les financières du Vieux Continent et la nécessité de ne pas balkaniser les marchés. L’homme s’est ainsi clairement positionné, en appelant notamment les US à la retenue sur les stress-tests, dans une interview accordée au Wall Street Journal. Cette dernière a été publiée ce mercredi, en amont d’une rencontre avec Daniel Tarullo, gouverneur de la FED, à Washington. Le Britannique va ainsi s'entretenir avec l’Américain à l’origine du durcissement des règles pour les banques étrangères implantées dans le pays de l’Oncle Sam.

« Je sais qu’il y a eu des changements pour tenter de rendre les exigences des Américains légèrement moins onéreuses. Je ne suis pas sûr que cela fera l’affaire », constate le Lord. Et d’ajouter : « Je pense que nous continuons à penser que les banques de l’UE sont vraiment correctement et raisonnablement capitalisées et qu’avoir une double exigence n’est pas nécessaire ». Et les règles pour les banques étrangères aux Etats-Unis ne sont pas le seul point d’achoppement entre les autorités. Celles pour les dérivés et les chambres de compensation font également l’objet de désaccords.

En début d’année dernière, la Banque centrale US a publié une réglementation imposant aux très grandes banques étrangères présentes sur le sol américain des normes plus strictes, à compter de juillet 2016. Sont concernées les 17 firmes les plus importantes dont les actifs aux Etats-Unis pèsent au moins pour 50 milliards de dollars. Ces établissements devront former un holding dans le pays et seront soumis aux mêmes règles de capitaux, leviers et liquidités que les mastodontes américains. La FED justifie notamment ces durcissements par les interconnexions très fortes entre les banques internationales qui peuvent conduire à de l’instabilité si les normes ne sont pas à la hauteur. Les exigences avaient toutefois été diluées par rapport à celles présentées initialement, notamment sous la pression de Michel Barnier, qui avait demandé à la FED un assouplissement des standards.

Lord Hill a fait savoir qu’il attendait de voir les résultats des banques étrangères aux stress-tests qui seront publiés le mois prochain. Il y a quelques jours, le WSJ a rapporté que les filiales américaines de Deutsche Bank et Banco Santander échoueraient probablement aux tests de résistance de la Réserve fédérale à cause de la manière dont elles mesurent et prédisent les pertes et les risques potentiels. A noter que ces deux firmes ont passé les stress-tests des régulateurs européens en octobre dernier. Si les examens de l’Autorité bancaire européenne (EBA) n’ont pas toujours été suffisamment sévères pour mettre en exergue les talons d’Achille de certains établissements, ils ont été durcis en partie avec la mise en place du mécanisme de supervision unique européen au cours de l'année écoulée. Ainsi, les autorités européennes ont expliqué aux Américains qu’ils ne prenaient en compte qu’une partie des opérations des banques de l’UE et que leurs mesures de qualité étaient subjectives, rapporte le WSJ. Reste à savoir si le nouvel homme fort des services financiers bruxellois obtiendra la réciprocité voulue.

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