[WARNING] Undefined array key "auteurEdito"
  in /home/wansquare/protected/helpers/seo_fonctions.php (line 142)

Warning: Undefined array key "auteurEdito" in /home/wansquare/protected/helpers/seo_fonctions.php on line 142
Brexit : le document qui n'aurait pas dû fuiter | WanSquare
WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Brexit : le document qui n'aurait pas dû fuiter

Un document confidentiel destiné au cabinet de Theresa May, dévoile que le Royaume-Uni perdrait 8 points de croissance sur 15 ans si le pays sortait de l'UE sans accord, et 2 points sur la même période s'il négociait son maintien dans le marché unique. Le pays sort donc perdant quel que soit le scénario retenu...
Londres - Angleterre
Londres - Angleterre

Voilà qui devrait achever de plomber la Première ministre britannique, déjà en proie à de grandes difficultés au sein de son propre parti, dont une frange grandissante rejette sa façon de négocier le Brexit. En début de semaine, le site Buzfeed a dévoilé un document confidentiel sur l'impact chiffré qu'aura la sortie du pays. Jusqu'ici, le 10 Downing Street s'était bien gardé de donner le montant exact de la facture que le pays devrait régler à l'UE, ni les conséquences que le Brexit aurait sur l'économie britannique. Or, selon le rapport, rédigé par le Department for Exiting the EU (DexEU) que s'est procuré le site d'informations, un scénario de "no deal", ferait perdre 8 points de croissance au pays sur 15 ans, tandis qu'en cas d'accord de libre échange, le Royaume-Uni perdrait 5 points de croissance sur la même période. Si le pays négociait une option lui permettant de rester au sein du marché unique, alors il ne verrait son PIB diminuer "que" de 2 points sur 15 ans.

Bref, dans tous les cas de figure, la Grande-Bretagne sortira perdante des négociations, ce que la Première ministre a toujours refusé d'avouer jusqu'ici, affirmant au contraire qu'aucun accord valait mieux qu'un mauvais accord. Certes, le pays pourra en contrepartie négocier des accords bilatéraux avec les Etats-Unis - Theresa May a d'ailleurs déjà évoqué le sujet avec Donald Trump lors du sommet de Davos - ce qui lui apporterait 0,2% de croissance en plus, et avec le reste des autres pays, (ce qui boosterait son PIB de 0,4%). Mais cela ne suffira pas à compenser les pertes liées à sa sortie de l'UE. Le document, cité par The Guardian, souligne par ailleurs que tous les secteurs et toutes les régions du pays seront affectés par le ralentissement de la croissance. Et, mauvaise nouvelle pour la finance londonienne, qu'il y ait accord ou non, si le pays sort du marché unique, les conséquences seront très lourdes pour la City. 

La fuite du document tombe très mal, alors que le secrétaire d'Etat au Brexit a refusé de dévoiler l'impact qu'aurait la sortie du pays sur 58 secteurs clefs de l'économie, et que réclamaient les députés de Westminster. Ces derniers, de plus en plus nombreux à s'opposer à la Première ministre, ont obtenu gain de cause en fin d'année dernière pour que Westminster soit consulté une fois l'accord entre l'UE et le gouvernement conclu. Une sérieuse claque politique pour la Première ministre qui ne comptait initialement pas leur faire valider l'accord. Le rapport confidentiel risque donc d'attiser la fronde au sein des Tories dans les prochaines semaines.

Sachant que le gouverneur de la BoE, a renchéri sur le sujet hier, en affirmant que son institution avait prédit avec justesse les conséquences économiques qu'aurait le Brexit. Accusé d'être trop europhile et partisan du "Remain", Mark Carney a profité du document pour répéter que l'investissement des entreprises était de 4% inférieur à ce qu'il aurait été si le pays n'avait pas voté la sortie de l'UE, tandis que les ménages avaient vu leur pouvoir d'achat diminuer de 3,5% depuis le 23 juin 2016. Le gouverneur a plaidé pour que le gouvernement clarifie le plus rapidement possible ce qu'il souhaite négocier avec Bruxelles, afin de lever une partie des incertitudes pour les entreprises. Ce qui pourrait raviver les investissements cette année. Mark Carney a tout de même affirmé que son institution se livrerait à de nouvelles prévisions économiques à trois ans, une fois que l'horizon serait un peu plus dégagé. "Lorsque les négociations seront arrivées à un point de maturité suffisant, alors nous nous livrerons à une nouvelle analyse de l'environnement économique et ajusterons nos prévisions en conséquence", a-t-il conclu. 

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article