Jamie Dimon enrage contre le bitcoin
Jamie Dimon, le président de JP Morgan n’aime pas le bitcoin et il le fait savoir. En comparant l’engouement pour cette monnaie virtuelle à la "tulipomanie" de 1637 aux Pays-Bas, il anticipe un éclatement de la bulle aussi sévère. Les cryptomonnaies « ne finiront pas bien, a-t-il ainsi averti hier devant un parterre d’investisseurs. C’est de la fraude". Et la comparaison n’est pas fausse. Au plus fort de la bulle, un bulbe de tulipe valait autant qu’une maison sur le port d’Amsterdam ! Même si le bitcoin est encore loin d’atteindre un tel niveau, il est vrai que la monnaie a augmenté de plus de 400% depuis le début de l’année.
Mais contrairement au bitcoin, les bulbes de tulipes ne sont pas des actifs particulièrement valorisables. La bulle hollandaise n’avait donc aucun fondement si ce n’est un engouement pour ces fleurs qui au final n’avaient qu’un intérêt limité pour l’économie. A l’inverse, les cryptomonnaies sont utilisées comme moyen de paiement. Il faudrait donc plutôt comparer la bulle qui se forme sur le bitcoin à celle des années 2000 sur les dot.com : des actifs valorisables mais sur quelque chose d’abstrait.
Quoi qu’il en soit, l’engouement pour le bitcoin, qu’il soit fondé ou non, met en rage Jamie Dimon. Et il prévient : si un trader de chez JP Morgan commence à traiter en bitcoin, « il sera viré en une seconde. Pour deux raisons : c’est contraire aux règles et il serait stupide », s’est il ainsi lâché. Concernant la possibilité que les Etats autorisent ces monnaies sans les réguler, là encore il se déchaîne : « Quelqu’un sera tué et les gouvernements se calmeront », a-t-il continué. « Vous l’avez vu en Chine, le gouvernement veut contrôler sa monnaie », faisant référence à la prochaine interdiction chinoise des échanges locaux en bitcoin. Jamie Dimon est donc vent debout contre l’utilisation de monnaies virtuelles. En revanche, il considère que la blockchain, la technologie sur laquelle s’appuient les cryptomonnaies peut être très utile. Notamment pour les banques, même si elles ne vont pas « du jour au lendemain » utiliser cette technologie.
Mais alors pourquoi une telle rage contre le bitcoin ? Tout simplement parce que pour le président de JP Morgan, le bitcoin et l’ensemble de la sphère qui l’accompagne est une monumentale fraude. « Si vous êtes au Venezuela, en Equateur, en Corée du Nord ou dans une partie du monde comme ça, ou si vous êtes un dealer de drogue, un meurtrier ou quelque chose comme ça, vous avez plus d’intérêt à agir en bitcoin qu’en dollars », explique-t-il. « Il peut y avoir un marché pour cela, mais il est très limité » conclut-il. Un raccourci que les pro cryptomonnaies réfutent haut et fort. Mais un tel rejet de la part de l’un des patrons les plus emblématiques de Wall Street sur cette avancée technologique n’est-il pas tout simplement un sentiment de peur ? Car à terme, en passant par la blockchain, les personnes pourront réaliser des transactions financières, sans avoir à passer par un compte bancaire. Une concurrence de taille pour les banques !
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