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Geoffroy Roux de Bézieux mise sur l’essor du crowdlending
Plus de 150 plateformes de financement participatif ont vu le jour depuis fin 2007 en France. Elles ont déjà convaincu près de 1,75 million de financeurs depuis lors et en 2014, 152 millions d’euros ont été collectés. Si le marché offre de très belles perspectives, il semble néanmoins évident aux experts que le nombre de site est appelé à décroître. « Le modèle économique des plateformes collaboratives (…) tend vers la constitution d’oligopoles du fait des coûts élevés (programmation du site, constitution d’une communauté suffisamment importante) et d’un coût marginal faible, voire quasi-nul », selon une étude publiée par Asterès. C’est-à-dire qu’il y a déjà beaucoup d’appelés mais que peu seront élus. C’est pour cela que Credit.fr, spécialiste du prêt participatif aux entreprises, cherche à tirer son épingle du jeu. Et un homme notamment mise sur cette jeune pousse : Geoffroy Roux de Bézieux, vice-président du MEDEF.
A l’occasion aujourd'hui d’un point sur cette société, créée en septembre 2014, et de la présentation de l’étude Asterès, l’entrepreneur a dit tout le bien qu’il pensait de la finance participative. « Je suis vraiment convaincu que le crowdlending a un rôle à jouer en complément des banques », a déclaré celui qui a investi 900 000 euros dans Credit.fr et qui est depuis juin 2015 président du conseil de surveillance de la plateforme. L’homme a indiqué que la firme avait reçu depuis sa mise en place 9 695 demandes de prêts pour un montant cumulé de 578 millions d’euros. Elle en a financés pour l’instant pour 1,38 million et vise les 14 millions en 2016. Une somme qui met en exergue les besoins qui ne sont pas satisfaits par les réseaux bancaires traditionnels, notamment pour des raisons réglementaires et de business modèles. « Un trou dans la raquette », selon les mots de Thomas de Bourayne, directeur général de Credit.fr et ancien DG de Cofidis.
Lors de cette rencontre, il a néanmoins été précisé que les banques et les plateformes ne se faisaient pas concurrence. « Dans ce type d’innovation on a, au fond, un élargissement du marché (…) La part de l’épargne des ménages affectée aux entreprises va augmenter », selon Nicolas Bouzou l’un des auteurs de l’étude. Une bonne nouvelle pour les TPE et PME qui peinent à financer leurs trésoreries ou leurs investissements immatériels. Les investisseurs sont également gagnants puisque les taux de rendement sont attractifs au regard du risque pris. A titre d’exemple Credit.fr, qui a été cofondée par Truffle Capital, affiche des rendements moyens de 7%, voire jusqu’à 8,70% dans le meilleur des cas.
A noter que globalement la France représente 5,2% des levées européennes, loin derrière le Royaume-Uni. En tout, 16 milliards de dollars ont été levés en 2014 dans le monde, contre 850 millions en 2010. Si la France a mis en place une réglementation censée faciliter la confiance dans ce nouveau phénomène et donc sa croissance, les experts ont argué ce matin de la nécessité de faire évoluer certains points du texte. Au-delà du besoin de se mettre autour de la table à Bruxelles pour faire émerger des règles pour le Vieux Continent, les intervenants souhaiteraient que l’Hexagone relève le plafond d’investissement autorisé dans des prêts avec intérêts. Pour l’instant, celui-ci est à 1 000 euros. « A force de mettre des réglementations partout on déresponsabilise les épargnants », a fait valoir Geoffroy Roux de Bézieux.
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