WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Macro-économie / Taux / Banque-assurance / Macro-économie

Macro-économie / Taux
Banque-assurance / Macro-économie

Le patron de la BRI remonté contre le Bitcoin

Agustin Carstens a appelé les banques centrales à durcir le ton vis-à-vis des cryptomonnaies, qui représentent à la fois "une bulle, un schéma de Ponzi et un désastre environnemental". Le régulateur chinois a annoncé dimanche qu'il comptait interdire les plateformes d'échange, accélérant l'effondrement du Bitcoin.
Bitcoins - monnaie virtuelle - illustration
Bitcoins - monnaie virtuelle - illustration

Les bourses mondiales ne sont pas les seules à avoir du plomb dans l'aile. Alors que le Dow Jones a perdu hier 1.175 points, soit sa plus forte baisse en un jour de son histoire, le Bitcoin continue de son côté de plonger, sur fonds de mise en garde répétée des régulateurs, de plus en plus nombreux à interdire les plateformes d'échange.

La principale devise virtuelle s'échangeait ainsi ce matin à moins de 5.000 dollars, un plus bas de deux mois, bien loin du record de décembre, où elle avait grimpé jusque 16.000 dollars. Si le président de la BCE ainsi que le gouverneur de la Banque de France ont mis en garde contre le caractère spéculatif du Bitcoin l'an dernier, c'était au tour ce matin du patron de la Banque des Règlements Internationaux, Agustin Carstens, d'élever la voix. Selon lui la cryptomonnaie représente à la fois "une bulle, un schéma de Ponzi et une catastrophe pour l'environnement". "Si beaucoup estiment que les devises virtuelles ne constituent pas un risque systémique, vu la taille encore restreinte du marché et le peu d'interactions avec les autres marchés, les autorités doivent cependant agir de manière préventive, afin d'éviter que les cryptomonnaies ne deviennent une réelle menace pour la stabilité du système financier", a affirmé le directeur général de la BRI, lors d'un discours devant les étudiants de l'université de Goethe en Allemagne.

Plus étonnant de la part du patron de la BRI, sa critique presqu'aussi virulente de la blockchain. Alors que le gouverneur de la BdF a reconnu en décembre dernier que la technologie sous jacente au Bitcoin, DLT (Distributed Ledger Technology) pouvait améliorer l'efficience et la transparence du système financier, le patron de la BRI a de son côté estimé que les expérimentations de la blockchain par les banques centrales avaient démontré que les systèmes fondés sur cette technologie étaient extrêmement coûteux et bien moins efficaces pour traiter les paiements traditionnels. Avant de souligner que le processus de minage (création de Bitcoin) coûtait autant en électricité que la consommation quotidienne de la ville de Singapour.

Des propos qui devraient certainement accélérer la chute de la principale cryptomonnaie, d'autant que dans le même temps, la Chine a annoncé qu'elle comptait justement serrer la vis. Dimanche, un article publié par Jinrong Shibao, le journal financier contrôlé par la Banque centrale du pays, a ainsi annoncé qu'"afin de prévenir les risques financiers, la Chine allait renforcer les mesures visant à supprimer toute plateforme dans le pays ou à l'étranger, relative à l'échange de monnaies virtuelles ou aux ICO (introduction coin offering)". Le régulateur chinois, qui avait déjà interdit les plateformes d'échange de cryptomonnaies et les ICO a donc décidé de passer un cran au-dessus, en s'attaquant à toutes les activités relatives au Bitcoin.

Ces nouvelles mises en garde de la part de la mère des banques centrales et des autorités chinoises viennent confirmer la thèse défendue par les équipes de Capital Economics, qui estiment que la mort du Bitcoin proviendra de la répression des régulateurs internationaux. "Plus le Bitcoin se répandra, plus son encadrement risque de se durcir. (...) Et vu le potentiel de disruption du Bitcoin vis-à-vis du fonctionnement traditionnel de la politique monétaire et la menace qu'il représente pour le système de collecte fiscale, les autorités devraient être de plus en plus sévères". Le Bitcoin ne pourra sans doute pas se remettre d'un tour de vis coordonné des régulateurs internationaux, conclut Kerrie Walsh, de Capital Eonomics, dans une note sur le sujet. La dégringolade des dernières semaines, en grande partie causée par l'interdiction des plateformes d'échange par la Corée du Sud, semble lui donner raison.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article