ADP mise sur le commerce
Le groupe aéroportuaire revoit sa rentabilité en baisse à cause du trafic aérien, mais maintient ses objectifs de croissance des résultats grâce à la hausse des ventes commerciales.
"Je ne suis pas celle que vous croyez". Aéroports de Paris pourrait reprendre à son compte le titre de l'autobiographie d'Amanda Lear. Aujourd'hui ses principaux concurrents ne sont plus seulement les aéroports de Londres ou de Francfort, mais le Printemps Haussmann et les Galeries Lafayette !
Le groupe dirigé par Pierre Graff ne peut en effet pas grand chose contre l'évolution du trafic aérien. La moindre croissance du nombre de mouvements va ainsi peser sur ses redevances et la rentabilité des capitaux investis. Celle-ci ne sera que de 4,5 à 5% d'ici 2015, contre 5,4% attendus jusqu'alors.
Mais ADP avait quand même une bonne nouvelle à annoncer aux investisseurs réunis aujourd'hui. Les dépenses par passager dans les boutiques ayant déjà atteint l'objectif 2013 (environ 15 euros), le montant escompté en 2015 est porté de 17,4 à 19 euros.
Une hausse de 10% qui résulte notamment de la croissance des surfaces commerciales (+35% en zone internationale à CDG) et de la montée en gamme avec la multiplication des grandes marques comme Chanel, Chopard, Dior, Guerlain, Gucci, YSL dans la mode et la beauté, mais aussi dans la gastronomie.
La nouvelle zone 4 du terminal 2 de Roissy, inaugurée demain, sera emblématique de cette nouvelle stratégie avec 6.000 mètres carrés de surface commerciale pour une capacité annuelle de 7,8 millions de passagers.
ADP souhaite surfer sur la croissance des passagers des BRIC, qui assurent 4% du trafic mais 18% des ventes hors taxe et 31% de la croissance. Les dépenses des chinois et des russes ont ainsi été multipliées par cinq pour atteindre 86 et 78 euros par passager. Et Aéroport de Paris mise sur ses nouveaux locaux luxueux et fonctionnels pour capter encore davantage des achats effectués jusqu'à présent en grande partie dans les grands magasins du Boulevard Haussmann, en mettant en avant l'absence de contrainte liée à la détaxe. Les travaux de fluidification des zones de sécurité ont aussi pour but d'augmenter le temps que les passagers pourront consacrer aux achats.
Globalement, le gestionnaire de Roissy et d'Orly devient ainsi de plus en plus commerçant. Mais sa bonne santé reste cependant tributaire du trafic aérien, qui assure toujours le gros de ses recettes.
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17/09/2021 - 10:31

