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Le blues des fusions-acquisitions

L'euphorie du début d'année a fait long feu. Les entreprises sont redevenues attentistes, et le marché français des fusions-acquisitions est à nouveau en berne.
Une hirondelle ne fait pas le printemps. Après un bon premier trimestre, conforté par le retour espéré de la croissance et la reprise des marchés financiers, les opérations de fusions-acquisitions concernant les sociétés françaises se sont effondrées ces trois derniers mois. Selon les statistiques de Thomson Reuters, le volume des transactions a baissé de 50% au deuxième trimestre 2010 par rapport à la même période de 2009. Une chute qui a effacé le rebond du premier trimestre, et qui donne un encéphalogramme totalement plat pour le premier semestre 2010. Les crises de l'endettement public, leurs conséquences avec la multiplication des plans de rigueur et les interrogations sur le devenir de la croissance semblent avoir fortement atteint le moral des chefs d'entreprise. Plutôt que de se lancer dans de grosses acquisitions, ils continuent à privilégier l'assainissement de leur propre bilan et la rupture la plus nette possible du cordon qui les reliait à leurs banquiers. D'autant que les interrogations sur la liquidité des banques et leur capacité ou leur volonté de prêter se font jour régulièrement. Les émissions d'obligations et de titres convertibles se sont donc multipliées pour réduire ou supprimer la dépendance vis-à-vis du crédit bancaire. Mais les moyens et les cours de bourses restent trop limités, les incertitudes sur la vigueur et le calendrier de la reprise de l'économie trop forts pour favoriser des acquisitions hardies. De grands groupes comme Danone, Sanofi Aventis ou Dassault Systèmes se contentent donc de petites opérations, qui se montent plutôt en dizaines ou en centaines de millions d'euros qu'en milliards. Et il en va de même pour des entreprises moins puissantes, comme Sodiaal qui reprend Entremont, ou Rhodia qui achète le chinois Feixiang. Globalement, les banques d'affaires implantées en France, qu'elles soient françaises ou anglo-saxonnes, sont donc plutôt à la diète. Certes, les fonds d'investissement regorgent à nouveau de liquidités, et certains y voient un motif de rebond du marché des fusions-acquisitions au second semestre. Mais il faudra aussi que l'horizon économique soit plus dégagé pour que les opérations se concrétisent.
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