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Financement des entreprises : les banques ont du mal à fixer les prix
C’est un paradoxe. Alors que les banques commencent à nouveau à vouloir faire vivre leurs bilans, après la grande phase de deleveraging qu’elles ont connu à la suite de la crise de 2008, elles semblent avoir du mal à fixer les prix proposés à leurs entreprises clientes. C’est en tout cas le constat dressé dans une étude publiée ce mardi par bfinance DTA, cabinet spécialisé dans le conseil des responsables financiers des groupes internationaux. Les experts notent en effet que sur 10 grands deals menés sur les 12 derniers mois et sur lesquels ils ont travaillé, les prix offerts par les établissements de crédit aux sociétés pouvaient varier du simple au double, voire au triple, soit en moyenne de 80 points de base. Comment cet écart s’explique-t-il dans un métier dont le coeur est de pricer les risques ?
« Malgré un contexte concurrentiel favorable aux emprunteurs et dans un environnement de spreads resserré, des divergences de prix marquées subsistent en première cotation entre les établissements bancaires », explique bfinance. Dans le détail, le cabinet a porté son analyse sur des opérations financières selon un processus d’appel d’offres par des emprunteurs au profil de risque BB/BBB dans l’objectif de conclure une facilité de crédit renouvelable (RCF). C’est-à-dire du produit de base des financements bancaires pour les entreprises, qui permet à l'emprunteur de tirer à son gré dans la limite d'une enveloppe définie et ainsi d'assurer sa liquidité.
Bfinance estime que sur l’échantillon en question une partie des différences entre les prix proposés par les banques peut s’expliquer par les divergences d’appréciation du risque de crédit. Car les notes données en interne par les établissements financiers aux dossiers qui leur sont soumis varient de l’ordre de deux crans. « En se fondant sur un modèle propriétaire d’allocation des fonds propres des banques, ces divergences justifient un écart de cotation de l’ordre de 50 pb entre un emprunteur BB+ et BBB », précise le cabinet.
Ce dernier rappelle également que, par principe, pour un crédit syndiqué le prix final fixé doit mettre tout le monde d’accord (banques et corporate). Si un établissement financier propose 180 points de base et un autre 100 pb à une société, quelle peut être sa marge de manœuvre pour négocier la cotation à la baisse ? La relation bancaire aide par exemple à pricer les deals. Les banques sont en effet sensibles au fait qu’elles pourront par la suite œuvrer sur les M&A ou encore les encaissements et décaissements des entreprises.
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