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Stress tests : les ratios faussés

Les chiffres avancés à la suite de l'exercice mené par l'autorité bancaire européenne sont dépassés par le contexte économique.
Oui, l'autorité bancaire européenne (EBA) examinera bien le niveau des fonds propres des banques. Mais, non, elle n'envisage pas de faire de nouveaux stress tests pour cela. Pourtant depuis qu'elle a établi les ratios Tier one, qui sont à la base des ses résultats, le contexte économique a changé. Si l'on en croit Alpha Value, la facture des décotes sur les dettes souveraines à elle seule reviendrait pour les banques à enregistrer une réduction de leurs fonds propres de 44 milliards d'euros. Les chiffres de fonds propres des banques calculés par l'EBA pourraient-ils alors réellement servir de point de départ pour une éventuelle recapitalisation des banques ? Les ratios de Tier one fournis par l'autorité prennent en compte les crédits d'impôts des établissements. L'institution précise d'ailleurs que ces derniers "sont importants pour de nombreuses banques car ils représentent près de 10% du total du ratio de Tier one qui est à la base de l'exercice". Or, les crédits d'impôts ont deux grandes origines. Ils peuvent être le fruit de la différence de temps entre le moment où sont imposées les taxes et le moment où elles sont intégrées dans les comptes, ce qui n'est pas vraiment un problème car il s'agit seulement d'un décalage dans le temps. Et puis il y a ceux qui proviennent des pertes des banques, qui espèrent pouvoir se servir de ces mêmes pertes dans le futur pour compenser les frais d'imposition à venir. En ce qui concerne la moyenne de 10% avancée par l'autorité bancaire européenne, le chiffre est discutable. Quand on regarde ses tableaux, on s'aperçoit que le pourcentage de crédits d'impôts compris dans le ratio Tier one varie de 3% en négatif pour HSBC à 58% pour Allied Irish Banks et Caja de Ahorros del mediterraneo. Et qu'entre les deux, on retrouve tout de même la Deutsche Bank avec un ratio qui prend en compte 30% de crédit d'impôts, et la Société générale 17%. Or, en cas de besoin, ces crédits seront-ils d'une quelconque utilité ? Sous Bâle 3, les crédits d'impôts qui dépendront des profits futurs ne devraient pas compter dans le ratio de Tier one. Mais ils ne seront pas effectifs avant 2013. En attendant, l'EBA va calculer les besoins de recapitalisation des banques en prenant en compte ce précieux matelas des crédits d'impôts. Ce qui servira la cause des banques européennes, mais risque de nuire à la légitimité de l'exercice.
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