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Vivarte boucle le marathon de sa restructuration de dette

Le groupe d’habillement a obtenu l’unanimité des créanciers pour réduire sa dette de 2,8 milliards d’euros à 800 millions, et l’injection de 500 millions d’euros de capitaux frais par les nouveaux actionnaires, emmenés par quatre hedge funds.
Vivarte
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Tout juste un an après la Saur, c’est au tour de Vivarte, conseillé par Rothschild et Lazard, de boucler une restructuration de dette record, après six mois de négociations tendues auprès de son pool de créanciers. C’est finalement un groupe de quatre créanciers - Oaktree, Alcentra, GoldenTree et Babson – qui, aux côtés de l’administrateur judiciaire Hélène Bourbouloux, a obtenu l’unanimité des suffrages pour sortir le groupe du mandat ad hoc. Dans le détail, la dette financière est réduite drastiquement de 2,8 milliards à 800 millions d’euros, et les nouveaux actionnaires apporteront 500 millions d’euros de « new money » afin de soutenir le programme d’investissement. La gouvernance tiendra enfin compte de cette nouvelle réalité, avec des représentants des actionnaires, du management et des experts du secteur.

Il convient de saluer, dans ce dossier, le pragmatisme des protagonistes et la gestion des différentes étapes. Car si le propriétaire de Kookaï, La Halle, Minelli, Naf Naf et André a déclenché un tollé début février en déclarant qu’il recourait un mandat ad hoc et reportait l’exigibilité de sa dette, les acteurs se sont rapidement mis autour de la table pour trouver une solution. Charterhouse qui, suivi de Chequers et Sagard avait orchestré un LBO sur le groupe en 2007, avait déjà provisionné cette ligne et n’a donc pas opposé beaucoup de résistance à sa reprise par les créanciers. Rapidement, les acteurs sont sortis du bois : le management, emmené par Marc Lelandais depuis mi-2012, a réclamé un abandon de créance de 2,3 milliards d’euros et l’injection de 500 millions d’euros. De leur côté, deux hedge funds, Angelo Gordon et Avenue Capital, ont proposé de ramener la dette à 1,2 milliard d’euros et d’abonder 450 millions d’euros.

C’est finalement un juste milieu qui aura été trouvé par un autre pool de créanciers, sous la houlette d’Oaktree, très actif. Les acteurs se sont également efforcés d’une certaine transparence dans un process à la fois tendu et complexe, par exemple lorsque la société a indiqué que cette dernière offre avait obtenu l’approbation de plus de la moitié des créanciers. Il y a deux semaines encore, on apprenait par voie de presse que la barre de 95% était franchie. Restait encore l’opposition de l’ancienne direction, détentrice de 18% des parts dont 9% pour George Plassat, l’ancien P-dg désormais à la tête de Carrefour conseillé par Oddo CF. Un consensus aura finalement été trouvé, permettant une homologation de l’accord de conciliation sans avoir à passer par la voie de la sauvegarde accélérée.

Ce scénario rappelle certes beaucoup celui de la Saur à l’été dernier, repris par un groupe de banques créancières emmenées par BNP Paribas et Natixis, au terme d’un bras de fer avec Joël Séché, la Caisse des Dépôts et le fonds Cube. Mais le bilan annuel pour le numéro trois français des réseaux collectifs d’eau n’est guère brillant : le directeur général Olivier Brousse, qui avait accepté l’offre des banques mais jugeait le business plan optimiste, notamment pour financer les frais financiers des 900 millions d’euros de dette, a démissionné de ses fonctions en début d’année. Ancien de Veolia, Jérôme Le Conte a été nommé président par interim, un temporaire qui dure pourtant depuis sept mois. Car l’opérationnel de la Saur est sous pression, face à la baisse de la consommation et à la renégociation des contrats avec les collectivités locales, qui pèsent sur les prix. Des difficultés structurelles qui rappellent les problématiques propres à Vivarte, en espérant que ce dernier ne se retrouve pas dans la même situation dans un an.


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