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L'ESMA frappe fort en interdisant les options binaires
Cela faisait déjà un bon moment que ces produits de Bourse étaient dans le collimateur des régulateurs boursiers des différents pays de l’Europe et cela ne va pas faire les affaires de ceux qui en vivaient : l'autorité européenne des marchés financiers (ESMA) a frappé fort ce matin en annonçant l'interdiction de la commercialisation des options binaires et la restriction de celle des "contrats sur la différence" (CFD) auprès des investisseurs individuels.
Rappelons que ces produits très spéculatifs sont employés pour parier sur les fluctuations de devises, taux, actions ou autres variables financières, sans avoir à détenir les actifs sous-jacents avec des effets de levier parfois très importants. Les restrictions édictées par l’ESMA sur les CFD prévoient justement de limiter le recours à l'effet de levier et de fixer de nouvelles règles en matière de dépôts de garanties et d'appels de marge. "L'ESMA, avec les autorités nationales compétentes, a conclu qu'il y avait un sujet d'inquiétude important relatif à la protection des investisseurs en ce qui concerne les CFD et les options binaires proposés aux investisseurs individuels", écrit l'autorité de régulation dans un communiqué.
De fait, selon de récentes statistiques, les investissements dans de tels produits se révèlent perdants dans 74% à 89% des cas. On comprend mieux, dès lors, pourquoi les gendarmes de la Bourse sont aussi hostiles à leur égard. Pourquoi n’avoir donc pas pris le taureau par les cornes plus tôt ? L’ESMA est très claire sur le sujet dans une foire aux questions très bien faite : « Ce n’est que depuis le 3 janvier 2018 que l’ESMA a, dans les faits, le pouvoir de restreindre ou d’interdire temporairement la commercialisation, la distribution ou la vente de ces produits, dans le cadre du renforcement de la protection des investisseurs introduit par le nouveau régime MiFID », explique-t-elle ainsi, précisant que ces interdiction et restriction ne sont valables que 3 mois renouvelables et qu’elles ne prendront effet que dans plusieurs mois après traduction dans chaque langue de la communauté européenne et parution au JO de l’Union européenne.
Et d’indiquer que ces décisions sont le fruit d’un appel à contributions lancé en janvier de cette année. Appel qui a reçu environ 18.500 réponses, soit un nombre jamais atteint auparavant pour un appel de ce type. L’ESMA précise enfin que le Royaume-Uni devra, lui aussi, se conformer à ces mesures d’intervention jusqu’à son retrait effectif de l’Union européenne.
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