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Macro-économie / Taux / Sur les marchés

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Sur les marchés

Orange emprunte, lui aussi, à taux négatifs

Après Sanofi et l'Allemand Henkel, c'est au tour de l'opérateur télécoms français de se re-financer dans d'excellentes conditions. Plutôt que de se diriger vers des placements monétaires, aujourd'hui coûteux, les investisseurs acceptent volontiers de se positionner sur de belles signatures. Une vraie révolution.
Orange
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Le patron d’Orange Stéphane Richard n’a pas traîné pour profiter des retombées positives de la publication de son activité du troisième trimestre : au lendemain de perspectives très prometteuses, la société annonce avoir émis aux Etats-Unis un emprunt obligataire de 1,25 milliard de dollars à trois ans avec un coupon de 1,625% et un taux d'intérêt négatif, après couverture en euros, de -0,15%. Soit une très intéressante façon de re-financer sa dette, Orange n’étant d’ailleurs pas le premier corporate à émettre des obligations à taux négatifs. Avant lui, Sanofi a ouvert le bal le 6 septembre avec une tranche de 1 milliard d’euros à 2020 à un rendement négatif de -0,05%. Le lendemain, l'Allemand Henkel a placé 2,2 milliards d'euros d'obligations dont 500 millions à deux ans à coupon 0% et taux de rendement négatif de -0,05% par an.

Une aubaine pour les grands groupes bien notés qui profitent du contexte actuel lié à la politique accommodante des banques centrales pour se faire rémunérer pour emprunter. Un schéma mental et mathématique assez difficile à accepter à la lumière des grands mécanismes économiques mais qui se propage de plus en plus. Pourquoi les investisseurs acceptent-ils, dès lors, de payer pour prêter de l’argent ? Deux bonnes raisons : les placements dits «sécuritaires », du type fonds monétaires ne rapportent plus rien et coûtent même assez cher (avec un rendement négatif de l’ordre de -0,4%) ; et pour ceux qui seraient tentés de conserver leur trésorerie ou leurs dépôts à la banque, il leur en coûte aussi 0,4%. D’où la propension à se diriger sur de belles signatures via des placements obligataires. 

Aujourd’hui, 14% du marché total du crédit corporate se situe en terrain négatif. Et ce, au regard de leur valorisation actuelle. Soit un niveau historiquement élevé. Sur les titres d'Etat, c'est bien pire : 45% du marché obligataire en euro affiche un rendement négatif. D'où le report sur les obligations corporate.

Ce petit jeu risque-t-il de durer longtemps ? Tant que les taux seront aussi bas et que la BCE continuera à inonder les marchés de ses liquidités dans le cadre de son QE, que les professionnels voient perdurer au moins jusque fin 2017, avant un probable reflux par la suite. Mais rien n’a encore été précisé, Mario Draghi entretenant, à dessein, un flou artistique de manière à ne pas provoquer de panique ou de soubresauts sur les marchés financiers. En attendant, de plus en plus de belles entreprises en profitent pour se re-financer dans d’excellentes conditions et se donner les moyens d’aborder l’avenir avec le sourire. Soit, finalement l’objectif de la BCE qui n’a d’autre ambition que de relancer une machine économique poussive en Europe.

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