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Vers un soft Brexit ?

L'échec de Theresa May aux législatives est vu comme une bonne nouvelle du côté de la City, qui estime que la Premier ministre sera contrainte de revoir son discours sur le Brexit. Elle a d'ailleurs nommé un modéré pro-européen comme vice-Premier ministre.
Londres - Angleterre - Grande-Bretagne
Londres - Angleterre - Grande-Bretagne

L'échec de Theresa May aux élections législatives anticipées pourrait finalement être une bonne nouvelle pour les partisans d'un Brexit en douceur et pour ceux qui souhaitaient rester dans l'UE. La Premier ministre, qui n'a pas obtenu le nombre de députés suffisant pour former une majorité à Westminster, devrait en effet être contrainte d'adoucir sa position lors des négociations avec Bruxelles, si elle veut parvenir à faire adopter les mesures dans son propre pays. Tel est en tout cas l'avis de nombreux dirigeants de la City, interrogés ce week-end par Financial News. Deux tiers des 40 financiers consultés ont ainsi indiqué que le résultat des élections entraînerait une position et des discussions moins arides avec Bruxelles, avec notamment la possibilité que le pays reste finalement dans le marché unique.

La Premier ministre avait jusqu'ici affirmé que le Royaume-Uni ne pourrait continuer à en faire partie, et que la liberté de circulation prendrait fin avec le Brexit. Mais elle est désormais confrontée à une véritable guerre civile au sein de son propre parti, entre les "Brexiters durs" et les plus conciliants, qui font davantage entendre leur voix depuis vendredi. Ainsi, selon les informations de l'Evening Standard, une partie des ministres conservateurs partisans du "Remain" seraient entrés en contact avec des représentants européens pour faire valoir leur point de vue, et ce sans avoir consulté la Premier ministre. 

Preuve du changement de position de Theresa May depuis les législatives : celle-ci a nommé ce week-end un nouveau vice-Premier ministre, très pro-européen, Damian Green. L'ancien secrétaire d'Etat aux retraites fut l'une des figures de proue de la campagne pour rester dans l'UE. Désormais plus proche collaborateur de Theresa May, il pourrait l'influencer dans ses futures décisions sur l'Europe et plaider notamment pour un deal qui favorise les emplois et le business. Mais, et c'est là toute l'ambivalence de la Premier ministre, Theresa May a également nommé au sein de son nouveau gouvernement Michael Gove, fervent partisan du Brexit et ancien candidat à la présidence du parti conservateur, dont il avait été écarté après avoir trahi Boris Johnson il y a un an. 

Cette instabilité politique devrait en tout cas quelque peu perturber le calendrier des négociations avec Bruxelles. Le secrétaire d'Etat au Brexit, David Davis, a ainsi affirmé sur Sky News aujourd'hui, que les discussions ne commenceraient peut être pas le 19 juin, comme initialement prévu, puisque cette date coïncide avec le premier discours de Theresa May devant le nouveau Parlement (Queen's speech). Moody's a également affirmé aujourd'hui que le début des pourparlers serait certainement retardé, alors que le compteur des deux ans de négociations est déjà enclenché depuis mars dernier. "Vu la deadline très serrée, il est impératif que le pays parvienne à s'entendre sur un accord de transition avec Bruxelles", estime ainsi Moodys. Selon l'agence, la perte de majorité des conservateurs pourrait en revanche favoriser un soft Brexit, ce qui serait positif pour la note de crédit du pays.

L'agence estime cependant que, malgré le résultat des élections, la probabilité que le pays sorte des négociations sans aucun accord ne peut être écartée. Ce qui serait bien sûr désastreux pour la croissance britannique, selon Moody's. Le PIB du pays serait ainsi 0,2% inférieur à sa moyenne annuelle de long terme en cas de fermeture des frontières et de hard Brexit, tandis que la dette britannique augmenterait de 20% d'ici 2050. Ce qui entraînerait une dégradation de la note souveraine du Royaume-Uni, prévient Moody's...

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