Casino peine aussi en France mais profite de la dynamique Monoprix
Premier trimestre contrasté pour le groupe Casino qui, comme son grand concurrent Carrefour a continué de peiner en France, surtout au niveau de ses hypers alors que l’international, en l’occurrence le Brésil, ralentit. En prenant en compte la cession du Vietnam et de la Thaïlande, le chiffre d’affaires s’inscrit en recul de 3,9%, à 9,32 milliards d'euros. En données pro forma, c'est-à-dire retraitées de la sortie des magasins asiatiques et des activités non-alimentaires au Brésil, les ventes ressortent en hausse de 11,6%. "Il s'agit de notre plus forte croissance depuis de nombreux trimestres. (...) Ces chiffres sont conformes à notre plan de marche et pour réaliser les objectifs que nous avions annoncés il y a quelques semaines", a expliqué le directeur financier de Casino, Antoine Giscard d'Estaing, lors d'une conférence téléphonique.
En regardant dans le détail l’origine de ces données, Casino a surtout bénéficié d'un effet de change favorable à hauteur de +10,1%, et d'un effet essence de +0,3%. Retraité de l'ensemble de ces éléments, la croissance organique en pro forma du groupe ressort à +3,1%.
La France, en régressant de 1% (-0,5% en organique mais +0,2% en comparable dont +0,9% en alimentaire), à 4,5 milliards d'euros, pénalisée par les hypermarchés et par la fermeture ou le passage en franchise de plusieurs magasins de proximité du groupe, est toujours à la peine.
En Amérique Latine, les ventes de Groupe Exito et GPA Food sont en hausse ce trimestre de +7,7% en organique et +4,6% en comparable, dans un contexte de décélération de l’inflation (hors Argentine). Les seuls magasins brésiliens ont enregistré une hausse de 5,8% de leur activité en comparable contre une précédente progression de 7,9% sur le trimestre précédent. Le distributeur français en en train de vendre l’enseigne Via Varejo, spécialisée dans les produits bruns. Antoine Giscard d’Estaing a précisé ce matin, que le processus de cession suivait normalement son cours et qu’il était confiant « dans notre capacité à mener à bien cette transaction ». L’objectif de cette opération est de désensibiliser l’entreprise au non alimentaire, beaucoup plus pénalisé au Brésil que l’alimentaire.
Après avoir ouvert quasiment à l’équilibre, le titre Casino s’enfonce plus largement dans le rouge en ce milieu de matinée. Comparé à Carrefour, le groupe dirigé par Jean-Charles Naouri semble mieux résister en France, essentiellement grâce aux performances de Monoprix, de Franprix et de ses autres magasins de proximité en centre-ville. Les analystes l’attendent toutefois sur sa capacité à délivrer les niveaux de rentabilité anticipés. L’action gagne 12% depuis le début de l’année, portée par les récentes opérations de cessions qui ne manqueront pas d’alléger l’endettement global du groupe.
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