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Valse des patrons : une bonne nouvelle pour les entreprises ?

Depuis le début de l'année, les départs précipités de patrons se multiplient. Les difficultés de certaines entreprises poussent les actionnaires à trancher. En sortent-elles gagnantes?
En période de crise, c'est bien connu, l'ambiance n'est pas à la clémence. Et dans le monde de l'entreprise, les erreurs de gestion ou les mauvais résultats sont ainsi assez radicalement sanctionnés. Depuis un peu plus d'un an, les exemples de dirigeants remerciés en raison des piètres performances de leur société sont ainsi nombreux. Sur le fond, on ne peut certes pas reprocher aux propriétaires d'une entreprise de chercher par tous les moyens à redresser la barre. En nommant de nouvelles têtes susceptibles d'effacer les erreurs du passé, ils manifestent, somme toute, une saine gestion de leur patrimoine. La question est toutefois de savoir si ces décisions, assez brutales dans l'ensemble, sont véritablement favorables aux sociétés concernées. Pour s'en faire une idée, il n'y a qu'à scruter le cours de Bourse des sociétés en question, excellent baromètre pour juger de la qualité des stratégies retenues. Si l'on remonte au début de l'année, les exemples de changements brutaux à la tête de grandes entreprises, ne manquent pas. Denis Hennequin, le patron d'Accor est ainsi remercié en avril, deux ans après son arrivée. Ses deux actionnaires de référence, Eurazeo et Colony Capital, lui reprochent de ne pas avoir organisé de façon suffisamment efficace et rapide la cession des murs du groupe hôtelier. Denis Hennequin avait pris le poste de Gilles Pélisson qui, lui-même, avait dû partir précipitamment sur fond de mésentente sur le projet de scission des activités de la société. Le nom du prochain patron d'Accor devrait être dévoilé dans les tous prochains jours. Or le titre du groupe hôtelier affiche une hausse de 10% depuis un an, quand celle de l'indice CAC 40 se hisse à 17%. Analystes et investisseurs n'ont donc pas manqué de considérer cette valse des présidents comme un élément déstabilisateur pour l'entreprise, l'idée de "financiariser" à outrance la stratégie n'étant pas très bien perçue non plus. En avril, c'était au tour du top management d'Alcatel-Lucent d'être sacrifié sur l'autel de la crise financière que traverse l'équipementier. Michel Combes, venu de chez TDF, prenait la suite de Ben Verwaayen pour amorcer un nouveau virage stratégique. Ici, cette double arrivée est dignement saluée par les marchés, l'action s'adjugeant 76,5% sur six mois et 105% sur un an. Début août, le patron de Siemens, Peter Löscher, a, lui aussi, fait les frais d'une conjoncture épouvantable depuis 2008, qui a poussé la société à publier un nouvel avertissement sur ses résultats 2013. Il a ainsi été débarqué après six ans de bons et loyaux services, au profit de Joe Kaeser, 56 ans, à la tête de la direction financière du groupe allemand. Depuis cette annonce, le cours ne varie pas beaucoup. Le nouvel homme fort de l'entreprise vient de l'intérieur et la connaît donc bien. La transition devrait sans doute se faire en douceur. En début de semaine, c'est le dirigeant d'un autre secteur en pleine déconfiture qui a dû abandonner les rênes de son groupe : Ditlev Engel, 49 ans, patron du numéro deux mondial des éoliennes, le danois Vestas. Après huit ans passés à la tête de l'entreprise, il a été remercié au profit d'un ancien responsable d'Ericsson. Le groupe est en très mauvaise santé financière et devra passer par un vaste plan de restructuration. Cette annonce a été saluée par un bond de l'action en Bourse. Depuis le début de l'année, le titre est en assez nette reprise sans pour autant retrouver ses niveaux d'il y a cinq ans, la valeur perdant encore 80% par rapport à cette époque. On le voit, il ne semble pas y avoir de recette miracle sur la durée idéale d'un mandat exécutif par rapport aux difficultés que peut rencontrer une entreprise, chaque cas étant différent. Trancher lorsque les difficultés persistent semble évident. Favoriser des solutions internes lorsque c'est possible apparaît également pertinent. Laisser du temps aux dirigeants nommés pour mettre à profit leur choix stratégique est enfin largement plébiscité par la communauté financière.
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