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Paris ouvre ses portes aux investisseurs et entreprises étrangères

Paris, sa région et le gouvernement ont présenté ce matin l’endroit où seront réunis tous les services permettant d’accueillir les entreprises et leurs salariés souhaitant investir en France, avec le Brexit en ligne de mire. Mais quelques cailloux dans la chaussure persistent.
guichet unique rue cambrai
guichet unique rue cambrai

Tout le gratin était réuni ce matin dans le 19ème arrondissement, rue de Cambrai, pour présenter « Choose Paris Region - Welcome To Greater Paris », le guichet unique pour accueillir les entreprises étrangères et leurs salariés. Ce point d’entrée fait partie de l’ensemble du dispositif mis en place pour accroître l’attractivité de Paris face aux exilés potentiels du Brexit. Et pour Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, le Brexit « est une décision profondément regrettable (...) mais devant laquelle nous ne pouvons être ni passifs ni naïfs (...) Nous assumons le fait de dérouler le tapis bleu-blanc-rouge aux entreprises implantées en Grande-Bretagne ». Ventant les programmes de développement des moyens de transports dans la région, tout comme l’accueil dans différents bâtiments d’incubateurs et soulignant la nécessité d’accroître le nombre des lycées internationaux, elle a tout de même envoyé une pique sur les dispositions fiscales récemment adoptées à l’Assemblée Nationale. « Le projet de loi de finances 2017 ne devrait pas annihiler nos efforts communs », a-t-elle déclaré, visant l’adoption récente, contre l’avis du gouvernement, des amendements sur les actions gratuites et la taxe sur les transactions financières. Elle a par ailleurs annoncé que Paris et sa région avait candidaté pour accueillir l’Agence européenne des médicaments et l’Agence bancaire européenne (EBA), actuellement à Londres.

« J'en appelle également à la stabilité fiscale et il faut que le Parlement et donc la majorité accompagnent bien évidemment les choix que nous faisons ici », a ainsi abondé dans le sens de Valérie Pécresse, le Premier ministre Manuel Valls. « Stabilité et visibilité fiscales, c'est indispensable. Trop souvent, au cours des dernières années nous avons donné le sentiment du zigzag et pour les entreprises qui nous regardent de l'extérieur c'est un élément qui est toujours dangereux », a-t-il ainsi souligné. Sur l’attractivité de Paris, le Premier ministre a souligné les qualités françaises, citant l'amélioration de l'Hexagone dans les classements internationaux. « Ce sont autant de démentis à cette petite musique qu'on entend trop souvent qui voudrait que la France ait reculé, qu'elle perde de son attractivité », a-t-il insisté. Anne Hidalgo, maire de Paris, a quant à elle insisté sur le côté pratique d’un tel guichet unique, expliquant que « nous accompagnerons les investisseurs dans la vie quotidienne ». Elle s’est notamment félicitée des mesures fiscales adoptées en faveur des impatriés, leur prime étant portée de 5 à 8 ans tout en proposant que la durée soit allongée à 10 ans. Enfin, elle a évoqué l’idée d’une « double implantation » France / Royaume-Uni pour les entreprises, soulignant qu’elle échangeait actuellement avec le maire de Londres.

Certes, faire de Paris une terre d’accueil pour les entreprises souhaitant sortir de l’orne britannique, une fois le Brexit effectif est une bonne chose. L’ambition du guichet unique est même louable, puisque l’idée est de permettre d’avoir toutes les informations nécessaires en un lieu unique, avec un seul interlocuteur, anglophone. Mais les entreprises et leur salariés, iront-ils jusqu’au bout de Paris dans le 19eme, dans un endroit, certes desservi par le tram (à 10 minutes à pied) et une ligne de métro (même pas directe jusqu’à la gare du nord ou tout aéroport parisien), mais au milieu de nul part : la question peut se poser. Par ailleurs, un avocat parisien travaillant pour des entreprises étrangères soulignait qu’un tel dispositif était intéressant mais qu’aucun de ses clients en Grande-Bretagne, à l’heure actuelle ne lui soumettait l’idée de venir s’installer à Paris. En cause ? l’instabilité fiscale et les aspects sociaux, tant en terme de droit du travail que de coût des charges sociales, ne faisant pas vraiment rêver ses clients. Paris a encore des progrès à faire, semble-t-il.

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