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2018 : un agenda chargé pour la zone euro

Plusieurs événements majeurs pour la zone euro auront lieu l'an prochain, dont la finalisation de l'union bancaire en juin, l'avancé des négociations sur le Brexit ou le remplacement de Vitor Constancio, à la vice-présidence de la BCE. Tour d'horizon de ce calendrier. 
Bruxelles - Commission européenne
Bruxelles - Commission européenne

L'agenda politique 2018 devrait être plus calme que celui de 2017 pour la zone euro, mis à part les élections italiennes prévues pour le mois de juin, qui pourraient créer quelques remous avec la montée en puissance du parti antisystème Cinq Etoiles. Cette accalmie pourrait donc constituer une fenêtre de tir opportune pour les dirigeants du Vieux Continent pour approfondir l'intégration de la zone avant l'échéance de la sortie du Royaume-Uni de l'UE en mars 2019 et celle des élections parlementaires européennes prévues en mai 2019.

Premier chantier sur lequel les 27 comptent activement plancher l'an prochain, l'achèvement de l'union bancaire : lors de l'Eurogroupe du 6 novembre, les chefs d'Etat s'étaient ainsi donné le mois de juin 2018 comme deadline, même si les difficultés d'Angela Merkel à former une coalition pourraient quelque peu retarder l'agenda. "La volonté politique est là pour faire avancer l'intégration de la zone euro", explique ainsi Yvan Mamalet, économiste chez Société Générale. Deux des trois piliers de l'union bancaire sont déjà opérationnels, à savoir le mécanisme de surveillance unique (MSU) et le mécanisme de résolution unique (MRU) pour les banques. En revanche, le système européen d'assurance des dépôts n'est pas encore achevé et les Etats devront donc avancer sur ce sujet, et notamment discuter en octobre de la proposition de la Commission d'introduire progressivement le mécanisme, avec une phase de réassurance puis de coassurance. Rappelons que ce  SEAD compléterait les mécanismes nationaux existants de garantie des dépôts. En cas de défaillance bancaire, la législation de l'UE garantit déjà une protection de tous les dépôts à hauteur de 100.000 euros dans le cadre des systèmes nationaux de garantie des dépôts.

Autre chaînon manquant dans l'achèvement de l'union bancaire, un instrument permettant de recapitaliser directement les banques : pour l'instant, le Mécanisme Européen de Stabilité demeure un moyen de refinancement de dernier recours mais les 27 souhaiteraient mettre en place un dispositif de soutien activé dans le cas où une ou plusieurs banques connaîtraient une situation de crise et où, même après l'imposition des pertes aux actionnaires et créanciers des banques, d'autres ressources seraient nécessaires en raison de l'épuisement du Fonds de résolution unique. Les chefs d'Etat pourraient également discuter l'an prochain d'un potentiel fonds monétaire européen, une idée défendue par l'Allemagne et qui commence à trouver quelque écho notamment en France, parce qu'un tel instrument permettrait de donner plus d'indépendance financière à l'UE et notamment vis-à-vis du FMI. L'union des marchés de capitaux dont le but est d'aider au financement des PME de la zone euro et sur laquelle les 27 ont déjà bien avancé, devrait également progresser l'an prochain, d'autant que son lancement est prévu pour 2019. 

Si Michel Barnier a déclaré il y a quelques jours que le Brexit ne serait clairement pas la priorité des dirigeants européens l'an prochain, le Conseil européen du 22/23 mars et celui de l'automne, seront deux dates décisives pour l'avancée des négociations l'an prochain. La première parce qu'elle devrait correspondre à l'entrée en phase deux des discussions sur l'avenir des relations commerciales entre l'UE et le Royaume-Uni (à moins que les 27 ne valident pas la première phase des discussions lors du Conseil du 15 décembre prochain, ce qui repousserait ce vote à mars). Le Conseil des 18 et 19 octobre 2018 sera également déterminant, parce qu'il faudra que les discussions aient suffisamment avancé d'ici là et que les 27 et les Britanniques aient trouvé un compromis sur les grandes lignes de l'accord, pour que les législateurs nationaux aient ensuite suffisamment de temps pour le ratifier avant la date de sortie officielle de mars 2019. "Neuf à dix mois pour trouver un accord sur un sujet aussi complexe est extrêmement court et souligne la nécessité de mettre en place une période de transition", souligne Yvan Mamalet de Société Générale. 

Enfin, l'agenda de la zone euro l'an prochain sera également marqué par la fin du mandat de Vitor Constancio à la vice-présidence de la BCE, en juin 2018. Si aucun pronostic n'a pour l'instant été réalisé, les pays pourraient commencer à placer leurs pions, alors que le président de la BCE Mario Draghi quittera, quant à lui, ses fonctions en octobre de l'année suivante et que les Allemands lorgnent déjà le poste ! Ils ont cependant peu de chance de l'obtenir, en raison de leur point de vue assez divergent sur la politique monétaire et alors que trois des sept membres du directoire sont de nationalité allemande (Peter Praet, Sabine Lautenschlager et Jorg Asmussen). Une femme pourrait en revanche être nommée en remplacement de Vitor Constancio, puisqu'elles sont sous- représentées au sein de l'organe exécutif de la BCE (1/7), un reproche qui a souvent été fait à la BCE.

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