L'opération charme de Facebook
Le réseau social a créé le buzz en convoquant la presse aujourd'hui, afin de montrer ce qu'il est "en train de construire". Lancement mobile ou moteur de recherche, il sait désormais jouer avec le marché.
Mark Zuckerberg a appris de son mentor Steve Jobs pour créer le buzz. A l'image des incontournables shows organisés par la firme à la pomme, Facebook a ainsi convoqué la presse et les investisseurs aujourd'hui, pour leur montrer "ce qu'il est en train de construire". Une annonce importante en perspective donc, qui a déjà réussi à faire grimper le cours de 20%. Le réseau social n'a pas d'autre choix que d'impressionner, dans la mesure où il est très attendu sur des innovations et l'accélération de la monétisation de son audience.
Les rumeurs de marché sont allées bon train sur le contenu de cette annonce, prévue à 13h heure locale, dans ses locaux de Menlo Park. Première intuition: le lancement de son propre smartphone ou d'un système d'exploitation pour mobile. "Facebook veut être au coeur d'une architecture mobile. Le groupe est challengé sur sa capacité à monétiser son audience mobile, d'autant que la croissance vient aujourd'hui des pays émergents, qui l'utilisent essentiellement via le mobile", explique Virginie Lazès, responsable du corporate finance chez Bryan Garnier. Mark Zuckerberg l'a répété plusieurs fois: le développement de la plateforme mobile est sa priorité, à l'heure où 500 millions de membres sont utilisateurs via leur smartphone. Ce dernier avait en revanche exclu la possibilité de lancer son propre téléphone, expliquant que c'était une mauvaise stratégie de jouer en solo. Dans ce cas, une interface Facebook plus rapide et efficace pourrait encore accroître le trafic et la fidélité au mobile.
Autre piste: tirer un bien meilleur profit de l'ensemble des informations et avis que les utilisateurs donnent sur le réseau social, en lançant un puissant moteur de recherche en interne. "Facebook veut devenir le nouveau Google, la porte d'entrée sur Internet, et son moteur de recherche pourrait être un moyen d'y parvenir", ajoute Virginie Lazès. Certes, le réseau social ne peut avoir la prétention de détenir autant de données que Google, mais étant donné qu'il est déjà devenu la première entrée sur la Toile aux Etats-Unis, il pourrait être un fournisseur d'informations de base. Créer un "user generated content", une base de données alimentée par les actions des membres du réseau, et, pourquoi pas, s'associer avec Microsoft et son Bing afin de faire un pied de nez à Google. Le service de géo localisation, qui permet de connaître les endroits recommandés par ses amis dans les environs, est d'ailleurs une première étape dans ce sens. Reste que Facebook est scruté sur de possibles nouvelles atteintes à la vie privée, et le développement d'un moteur de recherche exploitant les informations privées des utilisateurs à tout le réseau, pourrait subir des attaques sur ce point.
Certains envisagent d'autres types d'annonces, le lancement d'un service vidéo (mais la concurrence est rude) ou des mesures d'optimisation de la publicité. Quoi qu'il en soit, Mark Zuckerbeg et ses équipes montrent avec ce grand rendez-vous qu'ils ont désormais changé d'attitude avec le marché. Alors que le groupe était resté très voire trop discret dans la foulée de l'IPO, le ralentissement de la croissance a inquiété les investisseurs et fait chuter le titre de plus de 50%, à moins de 18 dollars. Depuis, les nouvelles se sont améliorées sur le front de la monétisation, et surtout le patron de 28 ans semble avoir compris les ficelles de la communication au marché et ses effets d'annonce, si tant est qu'ils se révèlent à la hauteur des espérances. Le meilleur juge en sera la réaction du titre à la conférence de ce jour.
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17/09/2021 - 10:31

