Comédie à l'italienne
Les français pourraient renforcer leur poids chez Mediobanca mais les critiques de Vincent Bolloré sur Generali ont réveillé les réflexes nationalistes.
L'unanimité de façade n'empêche pas les arrières pensées. Si tous les administrateurs de Generali ont voté pour l'accession de Gabriele Galateri à la présidence de Generali en remplacement de Cesare Geronzi, les motivations des uns et des autres sont diverses.
Mediobanca qui détient 13,5% du premier assureur italien et fait traditionnellement la pluie et beau temps chez Generali pourrait ainsi connaître à son tour quelques turbulences. En apparence, Galateri, président de Mediobanca de 2003 à 2007, succédant à Geronzi président de la banque milanaise de 2007 à 2010 poursuit la chaîne d'influence.
Mais, en critiquant publiquement les opérations menées par Generali en Europe de l'Est et en refusant d'approuver les comptes, le breton, vice-président de l'assureur depuis un an, a choqué l'establishment italien.
Alors que chez Mediobanca le jeu est plus ouvert que chez Generali, les choses pourraient changer. La banque compte en effet aujourd'hui six administrateurs étrangers sur 21 contre seulement trois sur dix-neuf pour l'assureur.
Son contrôle est assuré par un syndicat d'actionnaires regroupant 44% du capital, divisé en trois groupes. Le groupe C, représentant les actionnaires étrangers (10% du capital) a été autorisé à monter à 11%, soit 25% du syndicat. En son sein Bolloré détient 5%, Groupama 3% et Santander 2%. Groupama possède en outre 1,7% qu'il s'est engagé à céder tandis que Bolloré a été autorisé à accroître sa participation de 1% et peut choisir les repreneurs étrangers des titres qui seraient cédés par les membres du groupe C.
Autant dire que le patron de Tod's, Diego della Valle, administrateur de Generali mais pas de Mediobanca, principal artisan de la chute de Geronzi, qui voudrait reprendre la part de Bolloré dans Mediobanca a très peu de chances de parvenir à ses fins. Le français n'est pas vendeur et il a déclaré vouloir se renforcer dans Mediobanca, qualifiée de tour de contrôle du capitalisme italien. Une déclaration peut-être maladroite car elle contribue à renforcer les réflexes nationalistes.
En outre, dans le groupe A, qui contrôle 15,4% du capital, sous la houlette d'Unicredit, les deux banques allemandes Commerz et Deutsche possèdent chacune 1,7% du capital, soit 7,7% du syndicat. Et dans le syndicat B (18,9% du capital) où l'on retrouve une grande part de l'establishment, le plus gros actionnaire (3,8% du capital et 8,65% du syndicat) est l'assureur Fondiaria SAI sur lequel lorgne toujours Groupama.
Le poids des étrangers est donc loin d'être négligeable ou en déclin. Mais le forcing gaulois pourrait trouver des limites alors que l'allemand Dieter Rampl, président d'Unicredit et vice-président de Mediobanca vient de déclarer à la veille du conseil de la banque : La présence des français chez Mediobanca n'est pas forcément un problème. Tout dépend de la façon dont ils se comportent.
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