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La Grèce peut-elle s'en sortir ?

Malgré la forte progression de la compétitivité et de la profitabilité, les signes d'amélioration du pays sont réduits et l'effondrement des grands indicateurs économiques catastrophique.
Une mauvaise nouvelle de plus pour la Grèce : le pays a publié ce matin un PIB en baisse de 7,2% au troisième trimestre 2012 par rapport au Q3 de l'année précédente. Actuellement dans sa cinquième année de récession, le pays a ainsi cumulé une chute de plus de 22% de sa richesse nationale depuis début 2007. Ce qui, comme le rappelait le patron de la banque Lazard Mathieu Pigasse début septembre, équivaut à la contraction que connurent les Etats-Unis entre 1929 et 1934 ! Si la situation hellène est critique, les chefs d'Etat européens ont tout de même tenu à souligner les progrès réalisés par le pays, lors de l'Eurogroupe de lundi. Et il faut reconnaître que la Grèce a largement réduit son déficit public et extérieur : ainsi, le premier devrait avoir presque disparu en 2014, en raison d'une forte baisse des dépenses publiques, supérieures à celles des recettes fiscales. L'amélioration du déficit extérieur provient elle du recul des importations dû à celui de la demande intérieure. La Grèce finira donc par rétablir sa solvabilité extérieure et budgétaire à moyen terme, lorsqu'il n'y aura plus de déficit extérieur et lorsque l'excédent budgétaire atteindra 4 à 5 points de PIB, selon les économistes de Natixis. Le problème est que le rétablissement de sa situation budgétaire extérieure est le résultat d'un recul de la demande intérieure, elle-même conséquence d'une baisse de la consommation et d'un effondrement de l'investissement productif. Certes, la Grèce rétablit sa solvabilité mais elle détruit du même coup son économie. De plus, le recul de l'emploi et la montée du chômage entraînent une perte du capital humain qui nuit à sa capacité de croissance potentielle : selon les chiffres dévoilés par l'OCDE hier matin, le chômage a atteint 23,9% au deuxième trimestre 2012 (dont plus de 55% chez les jeunes) contre 9,5% en 2009 ! Enfin, la productivité du travail stagne depuis 2006 et la crise bancaire a conduit à un assèchement total du marché du crédit. Dans ces conditions, quels sont les signes d'amélioration que les dirigeants européens ont tenu à souligner mardi? Selon les analystes de Natixis, on peut tout d'abord constater une amélioration de la compétitivité-coût plutôt favorable ainsi qu'une restauration considérable de la profitabilité des entreprises, grâce à la chute du salaire réel et du coût salarial unitaire. Mais l'amélioration de la compétitivité par la réduction des coûts salariaux ne suffit pas à rétablir l'économie du pays, qui ne dispose pas d'avantage comparatifs (faibles efforts de recherche, faible qualification de la population...). Selon les analystes de Natixis, le seul secteur industriel, où la production grecque résiste et dans lequel le pays possède un excédent commercial structurel, est celui de l'agroalimentaire. L'industrie est en revanche quasi inexistante. Il sera donc très difficile pour le pays de trouver de nouvelles sources de croissance, malgré l'amélioration de sa compétitivité. D'autant que celle-ci se fait au détriment de la demande intérieure. Un effort de recherche et de qualification supérieurs permettraient au pays de se diversifier. Mais il lui faudra du temps et les ressources financières.
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