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Presse allemande : France/Allemagne, "une amitié épuisante"

A l'occasion du 50ème anniversaire du traité de l'Elysée, la presse allemande fait un état des lieux des relations bilatérales. Trichet veut que le Parlement inflige des sanctions aux graves infractions budgétaires.
En ce 22 janvier, le traité de l'Elysée célèbre ses 50 ans. Alors que dirigeants et députés des deux pays se rencontrent à Berlin, la presse allemande fait un zoom sur l'état des relations franco-allemandes aujourd'hui. Le Spiegel évoque ainsi une "amitié épuisante". "On sourit et on appelle à l'effort : sans aucun doute, la relation franco-allemande mérite une fête à l'occasion des 50 ans du traité de l'Elysée. Mais la vérité, c'est que le jubilé est plutôt gênant des deux côtés". Le Frankfurter Allgemeine Zeitung détaille le dispositif des célébrations, à Berlin, avec notamment la venue de François Hollande, dès lundi soir. "Après une réunion commune, la chancelière Merkel et le président français Hollande ont tenu une conférence de presse au petit matin, à Berlin. [...] A une question d'un journaliste français, celle de savoir si la coopération avec Madame Merkel était parfois difficile, le président Hollande a répondu, de bonne humeur : 'entre nous, la chimie passe'. Il a notamment salué la bonne collaboration avec l'Allemagne concernant la crise de l'euro". Le FAZ publie également une tribune commune des deux ministres des Affaires étrangères, Guido Westerwelle et Laurent Fabius, intitulée "vive l'amitié franco-allemande". "Paris et Berlin doivent agir ensemble contre l'érosion dans l'UE," écrivent-ils dans le FAZ. Pour eux, "l'Europe n'est pas le problème, mais doit au contraire être une solution pour les défis du futur". Le Süddeutsche Zeitung a décidé de son côté de publier des articles communs avec le Monde ainsi qu'un échange d'articles. On retrouve parmi eux une analyse de Sylvie Kauffmann, qui parle d'une "amitié forcée" entre les deux pays. "Il est parfois difficile d'entretenir un partenariat entre l'Allemagne et la France. Mais la chancelière Merkel et le président Hollande ne sont pas Adenauer et de Gaulle. Si l'Europe veut aller de l'avant, les deux pays sont condamnés à s'entendre". Le Handelsblatt semble plutôt optimiste sur la question, évoquant "Merkel et son nouvel ami" : "ils devaient tout d'abord s'habituer l'un à l'autre, mais maintenant, visiblement 'Angela' et 'François' sont sur le bon chemin pour devenir de bons amis - car maintenant, la chancelière allemande et le président français se tutoient". Le quotidien rappelle qu'il y avait du travail : "lors de la campagne électorale, Hollande s'était exprimé avec véhémence contre une relation particulière envers l'Allemagne, notamment parce que Merkel soutenait son opposant Sarkozy". Mais pour le Handelsblatt "les deux semblent aujourd'hui mieux s'entendre. Le silence du début, après l'entrée de Hollande à l'Elysée, est définitivement terminé". Le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, a pour sa part mis en garde le Japon contre une "politisation" de son taux de change, liée à une politique monétaire excessivement accommodante lors d'un discours, lundi. Les gouvernements hongrois et japonais "s'immiscent lourdement dans les tâches qui incombent à leurs banques centrales et les incitent à adopter une politique monétaire plus accommodante", ce qui menace leur indépendance, a déclaré Jens Weidmann. Des propos qui illustrent les craintes en Europe que d'autres banques centrales dévaluent leurs devises afin de stimuler la croissance économique. "Jusqu'à présent, le système monétaire international s'est sorti de la crise sans course aux dévaluations, et j'espère vraiment que cela sera toujours le cas", a-t-il également déclaré. Jean-Claude Trichet a, lui, annoncé au SZ que le Parlement européen aurait le dernier mot sur les décisions économiques et financières portant sur de graves infractions aux règles budgétaires. "Au lieu de sanctions pécuniaires, je propose que, dans de très rares mais dangereux cas, le dernier mot soit donné pour les décisions économiques ou financières au Parlement européen", a-t-il ainsi confié.
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