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Recettes de poche

La cession d'un paquet de titres Safran par l'Etat montre qu'il existe quelques pistes pour trouver de l'argent dans de bonnes conditions sans fragiliser le capital de certains groupes plus ou moins stratégiques.
Il n'y a pas de petits profits. Quand le chômage bât des records à la hausse, la croissance des records à la baisse et que les déficits explosent malgré une ponction fiscale exacerbée, il n'y a pas de recettes miracle. Si l'Etat veut pouvoir continuer à investir pour doper l'économie, il doit prendre l'argent là où il est le pus facile à trouver. Alors que les marchés financiers ont fortement progressé ces derniers mois, plusieurs entreprises dont l'Etat est actionnaire ont largement profité de cette embellie. L'équipementier aéronautique Safran en est un bon exemple. Avec une hausse de 27% en un an, il a vu sa capitalisation boursière dépasser les 14 milliards d'euros. L'Etat qui détenait 30,2% du capital a donc été bien inspiré d'en profiter en cédant sur le marché 3,2% des actions pour récupérer 448 millions d'euros. On peut même s'étonner de la timidité de Bercy qui aurait sans doute pu céder 5% pour récupérer 700 millions sans fragiliser le motoriste en conservant un bloc conséquent de 25%. Les équipes de Pierre Moscovici pourraient envisager d'autres opérations du même type sans commune mesure avec la frénésie des décennies précédentes. L'Etat conserve en effet quelques belles participations dont plusieurs pourraient être réduites sans affaiblir ces entreprises. S'il vaut mieux conserver des titres en perte de vitesse comme France Télécom ou Air France, en attendant qu'ils connaissent des jours meilleurs, le portefeuille public recèle encore quelques joyaux. EADS dont l'Etat français a accepté de mettre de côté 3% du capital pour s'aligner sur l'Etat allemand pourrait ainsi procurer une recette d'un milliard d'euros grâce à une hausse de 160% en trois ans dont 35% depuis trois mois. Aéroport de Paris, contrôlé à 60%, dont le cours a progressé de 12% depuis le 1er janvier pourrait rapporter 2 milliards si l'Etat ramenait sa participation à 30%. La situation est en revanche plus délicate pour Renault, certes en hausse, mais dont la participation de l'Etat (15%) est au même niveau que celle de Nissan. Tout comme pour Thalès où l'Etat avec 27% est au coude à coude avec le groupe Dassault (26%). Quant à l'Etat belge qui détient 10,6% de BNP Paribas, en hausse de 8% depuis le 1er janvier, seule la perspective de réaliser 2 milliards de moins-value s'il cède ses titres maintenant le retient sans doute de récupérer à cette occasion quelque 5 milliards d'euros.
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