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Alma Consulting Group : recyclage financier contre projet industriel

Le leader français du conseil en économies de coûts, en fin de conciliation, fait l’objet d’une offre de reprise par son pool de créanciers et de fusion avec le numéro deux du secteur. Faute de consensus, ce sera le redressement judiciaire.
Alma Consulting Group
Alma Consulting Group

La rentrée est bel et bien là, et ses dossiers difficiles aussi. Alors que les esprits s’échauffent sur Arc International, une autre restructuration refait également surface : celle d’Alma Consulting Group, archétype des LBO signés en pleine euphorie des marchés, qui ont subi de plein fouet la crise et qui souffre aujourd’hui d’une dette colossale. Elle atteint 430 millions d’euros dans le cas du groupe de conseil en économies de coûts, dont 250 millions de dette senior et 180 millions de dette mezzanine. Or, l’activité opérationnelle s’est nettement contractée pour ces intermédiaires en optimisation qui ont eux-mêmes souffert des réductions de coûts. Le chiffre d’affaires d’Alma Consulting Group est ainsi passé de 271 millions d’euros en 2011 à 166 millions cette année, et le résultat opérationnel a flanché de 67 à 18 millions d’euros sur la même période. Le fonds actionnaire Candover a d'ailleurs renoncé à récupérer sa mise et la période de conciliation, qui est en cours depuis trois ans, s’achève à la fin de la semaine.

Le temps presse donc et deux projets s’affrontent pour cet actif : soit une offre de reprise emmenée par le fonds Babson, principal créancier avec 22% de la dette senior, un « debt-for-equity swap » dans lequel il n’y aurait pas d’apport de new money mais le refinancement de la dette existante. Elle proposerait de verser un peu moins de 15 millions d’euros aux créanciers et la réduction de la dette à 100 millions d’euros. Les créanciers obtiendraient entre 43 et 74% du capital et le niveau de dette totale serait toujours important, à 4,4 fois l’Ebitda.

Cette offre est discutée âprement depuis trois ans entre les 23 créanciers du pool et est désormais validée par 97% des porteurs de dette, mais l’unanimité est requise pour un projet de reprise, en période de conciliation. Quelques irréductibles, notamment BNP Paribas et ses 7 millions d’euros de CDO, et LFPI et ses 3,5 millions d’euros de mezzanine, font toujours obstacle et font planer la menace d’une mise en redressement judiciaire. Le fonds ICG et le CIC, avec 25 et 10 millions d’euros chacun, seraient eux aussi circonspects. Or, même en passant par la sauvegarde accélérée, la société doit obtenir la majorité des deux tiers de ses créanciers mais aussi de ses actionnaires. Du côté equity, Marc Eisenberg, le fondateur d’Alma Consulting Group débarqué fin 2011 mais toujours actionnaire et détenteur de 35% des droits de vote, s’oppose farouchement à ce projet.

Ce dernier favorise une offre alternative, présentée par Leyton, le numéro deux du secteur qui propose une fusion afin de créer un leader français plus solide. Celui-ci a réussi à redresser la barre depuis 2012, est revenu à 60 millions d’euros de revenus et 14 millions de résultat opérationnel, contre 65 et 21 millions en 2010. Il propose d’apporter 60 millions d’euros de new money et de préserver les emplois (500 chez Leyton et 1300 chez Alma), étant donné que les deux entreprises n’ont pas la même base de clientèle et n’offrent pas les mêmes services. Deux options sont offertes aux créanciers: 85 millions d’euros en cash, ou 65 millions en laissant 45 millions de dette dans la structure et avec l'espoir de récupérer au total 53% de leur mise à la sortie. Si bien que la dette totale serait réduite à 2,9 fois l’Ebitda maximum et le groupe disposerait de 36 millions d’euros pour financer de nouveaux développements (contre 20 millions pour l’offre des créanciers). Au final, l’offre de Leyton valoriserait le nouvel ensemble à 360 millions d’euros, alors que l’autre plafonnerait à 115 millions, fait-il valoir.

Pour l’instant, les prêteurs ont opposé une fin de non-recevoir à cette offre mais ne parviennent pas à trouver un consensus total sur l’offre alternative. Si cela ne s’arrange pas d’ici à la fin de la semaine, la conciliation coordonnée par Hélène Bourbouloux aura été vaine et une procédure judiciaire s’ensuivra. Le tribunal de commerce, qui doit favoriser l’offre la mieux-disante en termes financiers et d’emplois, pourrait trouver rapidement réponse à sa question.


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