Les ambitions de Scor dans les fonds de dette
Le réassureur est sur le point de lancer deux fonds de dette, l'un axé sur l'immobilier et l'autre sur les projets d'infrastructures dans l'énergie. Chacun devrait atteindre 250 millions d'euros.
Le réassureur Scor a bien compris quelle était la nouvelle équation des groupes financiers, sous les fourches caudines de Solvency II, mais toujours à la recherche de rendement. C'est bien la raison pour laquelle la division spécialisée dans le "Global Investment", dirigée par François de Varenne, multiplie les initiatives susceptibles de permettre à la société d'investir dans divers projets sans consommer trop de capitaux, et surtout sans mettre trop en risque son bilan.
Dans ce contexte, ce sont surtout les projets de dette et plus particulièrement les "leveraged loans" (prêts transférés à des tiers) qui retiennent l'attention de ce professionnel. Et pour cause, ces titres de dette sont particulièrement sécurisés et offrent une plus grande diversité que leurs homologues classiques ou de high yield. "Le marché des leveraged loans permet une plus forte diversification puisqu'il autorise l'exposition à des entreprises qui n'émettent pas forcément d'instruments financiers. On trouve ainsi de jeunes entreprises innovantes à la structure capitalistique fragile, qui ont besoin d'investissements pour se développer mais qui présentent un fort potentiel de croissance", souligne sur le sujet l'Association Française de Gestion financière.
Après s'être intéressé aux "loans" dès 2009/2010, Scor entend bien aujourd'hui passer à la vitesse supérieure sur ce sujet. Ainsi le groupe est-il sur le point de lancer deux fonds de dette, l'un plus particulièrement axé sur l'immobilier et l'autre sur les projets d'infrastructure dans l'énergie. Chacun devrait atteindre 250 millions d'euros.
On l'a vu récemment, les projets de fonds de dette spécialisés dans les projets d'infrastructures ont le vent en poupe en ce moment auprès des assureurs et des banquiers. Axa et Natixis ont fait des annonces en ce sens ces derniers jours.
L'investissement dans la dette immobilière est également regardé de très près par les banquiers, mais aussi les fonds d'investissement spécialisés dans l'immobilier. Compte tenu de la cherté de bon nombre de marchés immobiliers européens et des actifs, il est effectivement plus avantageux pour ces professionnels d'entrer via l'endettement des groupes immobiliers. C'est ce qu'ont récemment fait Blackstone et Ivanhoé Cambridge en rachetant l'essentiel de la créance des actionnaires espagnols de Gecina, l'une des principales foncières cotées françaises.
Dans le même registre, Scor ne s'interdit pas d'être co-investisseur dans des projets d'investissements en actions ou en dette via des partenariats. De manière, là aussi, à mutualiser le risque. "Ce que nous souhaitons, c'est de mettre un peu de convexité dans notre gestion avec une volatilité contrôlée", lance François de Varenne. Maîtrise du risque que l'on vient de voir dans le dossier MRM, cette foncière cotée en difficultés financières que Scor vient de reprendre avec une très importante décote. L'idée est de restructurer le portefeuille de 270 millions d'euros, de la concentrer sur les commerces, de rénover les bureaux pour les vendre ultérieurement. Avec aussi l'ambition de la céder à un partenaire spécialisé sur ce secteur à terme.
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