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Chine : quel est le poids du shadow banking ?
Les régulateurs ont beau vouloir encadrer la finance, la matière première évolue toujours plus vite que les règles. Selon une étude publiée il y a quelques jours par Moody’s, la croissance des activités dites « core » de la finance parallèle a ralenti ces derniers mois sous l’effet des régulations censées contenir les risques financiers. Ces activités ne représentaient ainsi que 33% du PIB chinois à mi-2015. « Cependant, parallèlement, les risques financiers continuent d’évoluer puisque d’autres formes de shadow banking se développent plus rapidement », écrit l’agence de notation.
Qu’entend Moody’s par activités cœur du shadow banking ? Les experts prennent en compte les « entrusted loans », c’est-à-dire les prêts entre sociétés non financières intermédiés par le secteur bancaire, les « trust loans », à savoir les prêts accordés aux entreprises par les sociétés fiduciaires et les « undiscounted bankers' acceptances » -instruments de dette à court terme émis par une entreprise dont l’assurance-crédit est garantie par la banque. Les deux derniers ont moins bien résisté et représentent respectivement 2,9% et 3,8% du total des actifs bancaires tandis que les «entrusted loans » atteignent 5,4% du total des actifs, soit 9 900 milliards de renminbis à mi-2015. « Les régulations élaborées pour encourager les banques à ramener l’activité dans leurs bilans ont contribué à ralentir la croissance du shadow banking core », estime Moody’s. En effet, les crédits délivrés par les banques et les financements directs ont augmenté à respectivement 142% et 28% du PIB. Une hausse notamment due à la politique monétaire du pays.
En tout, les actifs qui relèvent de la finance parallèle ont presque atteint les 45 000 milliards de renminbis à mi-parcours l’an passé, soit près des deux tiers du PIB de l’Empire du Milieu et 24,4% du total des actifs des banques. A titre de comparaison, à fin 2011 ces chiffres étaient de 19 200 milliards de renminbis pour un ratio de 17,2%. Dans le détail, les experts notent que les activités cœurs déclinent pour laisser de plus en plus de place à une finance parallèle non-core et ne plus représenter qu’environ la moitié du total du shadow banking.
Parmi les activités non cœur, l’on retrouve les émissions de produits de gestion de patrimoine, notamment le fait de banques moyennes. Le crédit « peer-to-peer » est également en croissance. « Bien que ce type d’activité ne pose pas de risque systémique étant donné sa taille (environ 1% du total du shadow banking, ndlr), elle attire l’attention sur ses taux de défauts élevés, et parce qu'elle comporte un risque de tension sociale étant donné la large présence d’investisseurs de détail. Les nouvelles régulations cherchent à répondre à ces préoccupations ». La China Banking Regulatory Commission a en effet publié un projet de réglementation en décembre 2015.
Pour mettre ces donnés en perspective, selon les chiffres de novembre du Comité de stabilité financière (FSB), la finance parallèle pesait 2 747,2 milliards de dollars en 2014 en Chine, contre 508,1 milliards de dollars en 2010. A titre de comparaison, ces chiffres étaient de 1 895 milliards de dollars en 2010 et 1 572,6 milliards en 2014 en France.
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