Casino se déleste logiquement de ses activités non alimentaires au Brésil
Jean-Charles Naouri n'a donc pas tardé à trancher dans le vif. Après avoir détricoté, au deuxième trimestre 2016, CNova, l'entité regroupant tous les actifs de e.commerce du groupe de distribution, introduite sur le Nasdaq américain en novembre 2014 et retirée de la Bourse cet été, le distributeur annonce ce matin avoir décidé d'engager le processus de cession de son antenne non alimentaire brésilienne, Via Varejo.
Au préalable, Casino avait donc réorganisé l'ensemble de son pôle de e.commerce en le scindant en trois entités en France, au Brésil et en Colombie. CDiscount, la branche française de CNova avait été réintégrée aux activités françaises de Casino et Nova.com, la branche brésilienne, avait été reprise par Via Varejo, la filiale d'électroménager et d'électronique grand public du groupe au Brésil. Opération qui semblait bel et bien préfigurer une proche cession des activités non alimentaires du distributeur français au pays de la samba.
Car depuis de nombreux mois, ce secteur rencontre un sérieux ralentissement provoqué par les lourds problèmes économiques du Brésil. Difficultés aux conséquences beaucoup plus visibles pour les secteurs non vitaux que sont l'électroménager, la décoration ou l'ameublement. L'alimentaire, lui, se porte plutôt bien et le géant national, GPA, lui, réussit à enregistrer de belles performances grâce à une profonde réorganisation, initiée voici plus de deux ans et passant par un redéploiement (avec notamment le développement de magasins de proximité) et la rénovation de l'ensemble du parc du groupe.
Le grand concurrent de Casino, Carrefour, uniquement positionné sur l'alimentaire au Brésil publie, d'ailleurs, d'assez importantes progressions de son activité au fil des trimestres. Reste à savoir comment sera valorisé cet actif. Mais il faut bien voir que Jean-Charles Naouri veut surtout se délester, ici, d'un actif pesant assez largement sur ses performances d'activité et financières plutôt que de faire une juteuse plus-value. Réorganisation que les milieux financiers avaient anticipé. Bryan Garnier, par exemple, évoquait au début du mois que la vente de Via Varejo améliorerait grandement le profil de risque de la filiale brésilienne de Casino, qui deviendrait un "pure player" de l'alimentaire, "une option bien plus valorisable qu'un patchwork d'activités alimentaires, électro-domestiques et d'e-commerce".
Pour l'instant, la valeur ne bouge pas beaucoup en Bourse, s'adjugeant un modeste 0,4% après être passé en terrain négatif un peu plus tôt. Les analystes se demandent certainement qui pourrait être intéressé par cette entité qui comprend pourtant les activités de e.commerce brésiliennes, appelées à un avenir plus prometteur que celles de la distribution spécialisée dotée d'un gros réseau de magasins en dur. Secteur très cyclique qui se reprendra bien évidemment lorsque la machine économique brésilienne retrouvera le sourire.
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