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Les subprimes n'en finissent pas de coûter aux banques
Il y a tout juste dix ans, les premiers bruissements se faisaient entendre sur des problèmes liés aux refinancements hypothécaires des banques. Les « subprimes », ce terme barbare et inconnu de tous, débarquait en France de manière brutale pour certains épargnants et entreprises. En effet, BNP Paribas et Oddo, étaient obligés de fermer momentanément leurs fonds monétaires dynamiques en août 2007, soulignant « l’évaporation complète de la liquidité » sur une partie de ces produits. Et pour cause, la partie dynamique de ces fonds était placée dans des produits de titrisations de prêts hypothécaires américains, de mauvaise signature.
Depuis, Lehman Brothers a fait faillite, le système bancaire s’est fracturé, puis réglementé et reconstruit. Mais surtout, les banques montrées du doigt comme responsables de cette crise mondiale ont été mises à l’amende. Car la plupart des affaires judiciaires ont été réglées par de très gros chèques pour mettre fin aux poursuites civiles. De fait, les banques auraient payé à ce jour 150 milliards de dollars, selon le Financial Times.
Une banque a payé à elle-seule, près d’un tiers de la somme : Bank of America a en effet aligné 56 milliards de dollars pour mettre fin aux poursuites des régulateurs nationaux et fédéraux mais aussi du département de la justice américain. Cette somme couvre les affaires liées non seulement à la vente de ses propres produits hypothécaires mais aussi ceux de Countrywide et Merrill Lynch, rachetés au moment de la crise. JP Morgan Chase est la deuxième banque à avoir payé le plus gros montant avec près de 27 milliards de dollars couvrant les amendes pour ses propres affaires liées aux subprimes mais aussi celles de Bear Stearns et de Washington Mutual rachetés, elles aussi au début de la crise. Et rien que sur les derniers mois, 19 milliards de dollars ont été payés par des banques européennes, dont RBS qui a déboursé 5,5 milliards de dollars, il y a un peu plus d’un mois. Et il reste encore quelques affaires dans les tuyaux, Barclays devant se retrouver devant les tribunaux après avoir refusé de payer une amende. Pour le FT, la somme annoncée aujourd’hui de 150 milliards de dollars devrait d'ailleurs être largement dépassée dans les prochaines années.
« Vous pouvez considérer que les amendes sont trop importantes ou trop faibles. Mais personne ne pourra considérer qu’il ne faut pas punir les comportements irréguliers », estime Gerold Grasshoff, associé senior du Boston Consulting Group, cité par le Financial Times. Justement, c’est là l’une des limites du système judiciaire américain : seules les banques sont sanctionnées par la justice alors qu’aucun responsable n’est mis devant ses responsabilités. En acceptant de plaider coupable et de payer une amende, les banques, jugées par conséquent responsables, mettent fin aux affaires judiciaires. C’est d’ailleurs l’un des principaux points, voire handicaps, du système judiciaire américain, qui en proposant des amendes pécuniaires, empêche la responsabilisation pénale des dirigeants.
Et les banques accumulent le retour des erreurs passées. Ainsi pour le BCG, elles auraient payé, entre 2008 et fin 2016, près de 320 milliards de dollars de pénalités dans le monde. Car outre les affaires liées aux subprimes, cette somme tient compte des autres abus, comme par exemple les manipulations de cours ou encore les procédures anti-blanchiment défectueuses. Autant d’affaires qui là encore viennent gonfler la note finale de toutes ces années d’euphorie boursière. De même, les banques continuent elles à payer les erreurs du passé au regard du poids croissant de la réglementation depuis 2008. Et cela n'est pas prêt de finir en tenant compte du futur accord sur Bâle III, des différentes directives européennes voire la dérégulation bancaire programmée aux Etats-Unis.
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