Le plafond de la dette, autre menace pour les Etats-Unis
Le plafond sera atteint courant janvier. Si aucun compromis n'est trouvé, il pourrait mener au même fiasco qu'en juillet 2011, où le pays avait été dégradé notamment en raison de son incapacité à trouver une solution.
Les représentants du Congrès se réunissent aujourd'hui à la Maison Blanche où le président réélu tentera de les convaincre d'un compromis au sujet du fiscal cliff. Les "Congressmen" n'ont que 6 semaines à peine pour trouver une solution avant la fameuse deadline du 1er janvier où toutes les mesures d'exonération fiscales prendront fin, ce qui pourrait représenter un choc de 4 points de PIB et effacer toute croissance potentielle.
Mais un autre sujet épineux attend les élus des deux chambres : celui du relèvement du plafond de la dette. Ce sont les représentants en effet qui fixent par un vote, le montant maximal des dépenses de l'Etat, afin d'éviter un dérapage budgétaire trop important. "Le debt ceiling a été introduit au début du XXème siècle, afin que les émissions du Trésor soient tout d'abord validées par le Congrès", explique Inna Mufteeva, analyste chez Natixis. Le relèvement est presque devenu systématique depuis, même s'il donne souvent lieu à un débat politique plus ou moins houleux. "Depuis 1960, le plafond a été réévalué 70 fois à la hausse, soit plus d'une fois par an et 11 fois depuis 2000", explique Matt Slaughter économiste et Doyen Associé de la Tuck School of Business. Si le trésor n'obtient pas d'autorisation légale d'émettre, le pays fait alors défaut, en arrêtant de payer certains secteurs publics, au risque de paniquer les marchés. "Il n'y a aucun précédent de ce type dans l'histoire des Etats-Unis", poursuit Matt Slaughter. Mais le fiasco de l'été 2011, où les représentants ont trouvé un accord in extremis pour relever le plafond, avait suffi à paniquer les marchés.
En mai 2011 en effet, le département du trésor avait annoncé que la limite de la dette de 14 290 milliards de dollars serait dépassée dans les semaines suivantes. Le gouvernement avait alors mis en place une commission bipartite dirigée par le vice-président Joseph Biden afin de contenter les deux partis : réductions de dépenses d'un côté et relèvement du plafond de l'autre, certains des républicains les plus extrémistes refusant de relever le plafond, afin de stopper une fois pour toutes le déficit grandissant du pays. Fin juillet, les deux partis n'étaient toujours pas parvenus à trouver un compromis. C'est dans la nuit du 31 que les leaders du Congrès et Obama avaient finalement annoncé un accord in extremis, permettant de relever le plafond de 2 400 milliards de dollars en deux étapes, soit assez pour tenir jusque 2013 normalement.
Un super comité fut formé et chargé de trouver un deuxième train de réductions de dépenses. Sans quoi des coupes automatiques seraient instituées à partir de janvier 2012. Incapable de se mettre d'accord, les membres du super comité ont donc dû accepter ces coupes, qui prendront effet dans quelques semaines et contribueront à freiner la croissance du pays, en plus de la fin des exonérations fiscales.
Les membres du Congrès seront sans doute attentifs à ne pas déclencher le même type de crise politique lors de la négociation du plafond (actuellement de 16 400 milliards de dollars) courant janvier. Le fiasco de l'été 2011 avait notamment contribué à la dégradation de la note du pays par S&P. Et selon un rapport du bureau des statistiques du gouvernement réalisé en juillet dernier, le retard pris dans le redressement du plafond en 2011 a augmenté les coûts d'emprunt du pays de 1,3 milliard de dollars sur l'année fiscale 2011. Sachant que Fitch a déjà prévenu le pays: si le Congrès ne trouve pas de solution, concernant le fiscal cliff et le plafond de la dette, la note des Etats-Unis sera dégradée. Il faut donc espérer que les nouveaux membres du congrès, qui siégeront à partir de janvier, fassent chacun des concessions, pour éviter un nouvel embrasement politique et financier.
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