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GDF Suez et Casino accélèrent au Brésil

Le groupe dirigé par Gérard Mestrallet annonce une nouvelle acquisition stratégique sur cette zone géographique. Jean-Charles Naouri obtient, lui, les pleins pouvoirs au sein de GPA après trois ans de litiges.
Les pays émergents inquiètent les grands économistes mondiaux? Qu'importe. Plusieurs de nos fleurons accélèrent actuellement au Brésil, de manière à capter une croissance toujours aussi décalée par rapport à celle du Vieux Continent, mais aussi des Etats-Unis. C'est clairement le cas de GDF Suez, qui annonce ce matin le rachat d'une participation de 51% dans la société brésilienne Emac, via sa filiale Cofely, renforçant ainsi ses positions dans l'efficacité énergétique sur cette zone géographique. Emac est présente dans une quinzaine d'Etats brésiliens et compte 850 salariés. Cette transaction intervient, en outre, quelques jours à peine après l'approbation par les autorités fédérales de la mise en service de la centrale de Jirau, projet majeur de GDF Suez au Brésil. Le groupe français intensifie les initiatives pour saisir des opportunités dans les zones attractives. Le groupe a ainsi poursuivi ses développements au premier semestre, avec un montant d'investissements bruts de 3,3 milliards d'euros. 46% de ces investissements sont réalisés dans les pays à forte croissance. De son côté, le patron de Casino, Jean-Charles Naouri, vient de parvenir à un nouveau coup de maître au Brésil. Après trois longues années de démêlées judiciaires contre Abilio Diniz, qui lui disputait les pleins pouvoirs au sein de Grupo Pao de Açucar (GPA) et avait même osé pactiser avec Carrefour en vue d'échapper à sa mainmise, le petit génie de la finance vient de trouver un accord avec le brésilien. En résumé, Jean-Charles Naouri récupère quasiment l'intégralité des droits de vote de GPA et Abilio Diniz renonce à tous ses pouvoirs au sein de l'entreprise de distribution brésilienne. A la manoeuvre pour obtenir cette paix des braves, une fine lame des tractations les plus compliquées : William Ury côté Diniz, tandis que Casino s'est reposé sur les talents de David de Rothschild, l'emblématique patron de Rotschild et Cie, parallèlement administrateur du distributeur français (aux côtés d'autres grands noms de l'establishment hexagonal comme Marc Ladreit de Lacharrière ou Henri Giscard d'Estaing) et partenaire financier de longue date de celui qui a notamment été à l'origine du Matif. Cet accord laisse maintenant les coudées franches à l'homme fort de Casino pour mener son offensive au Brésil. Celui-ci compte bien en profiter le plus rapidement possible, de manière à coller au dynamisme du pays. Pleins pouvoirs qu'il vient également d'obtenir dans le dossier Monoprix, puisqu'il a reçu en juillet dernier l'agrément de l'Autorité de la Concurrence pour récupérer la part des Galeries Lafayette dans cette enseigne. Deux excellentes nouvelles pour le groupe français qui marque ainsi des points stratégiques de haute importance. Grâce à Monoprix et Franprix, la firme dirigée par Jean-Charles Naouri est effectivement en position très favorable pour s'arroger le pouvoir d'achat d'une clientèle de centre ville et plus particulièrement parisienne moins affaiblie qu'en province. En se développant au Brésil, elle capte une consommation soutenue, via le numéro un local de la distribution. Reste maintenant à convaincre les analystes financiers, le titre Casino n'étant pas au top de sa forme depuis le début de l'année, avec un gain limité de 2,7% grâce notamment à la hausse de 1% de ce jour. Selon les spécialistes, la valeur est correctement valorisée à l'heure actuelle, au regard de ses concurrentes.
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