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Christian Noyer sort enfin de sa torpeur

Jusqu'ici bien absent, Christian Noyer a trouvé les mots justes pour s'attaquer à la TTF, ne laissant plus le monopole de la parole publique aux autres.
Mieux vaut tard que jamais ! Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer a enfin tapé du poing sur la table. Dans un entretien accordé au très influent Financial Times, le gouverneur de la Banque de France a fustigé la taxe sur les transactions financières et enjoint le gouvernement français à réduire les dépenses publiques plutôt que de simplement les freiner. Et il était grand temps que le membre du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) prenne son bâton de pèlerin à l'heure où la Place de Paris tente désespérément de faire entendre raison au gouvernement au sujet de la TTF, qui a déjà fait beaucoup de mal à la compétitivité française et qui pourrait bientôt devenir une réalité européenne. En effet, le rôle du grand argentier français est tout de même de veiller à la stabilité du système financier. Laquelle ne semblait jusque là défendue que par ses acteurs, notamment des banquiers et des gestionnaires d'actifs, laissant la proposition de la Commission européenne, sur une taxe Tobin à l'échelle de 11 pays européens, presque sans réponse. Contrairement à au patron de la Bundesbank, Jens Weidmann qui était monté au créneau dès avril dernier. "Les effets secondaires non souhaités peuvent être considérables : dans sa forme actuelle envisagée, la taxe couvrira les fonds monétaires, les prises en pension, et endommagera de manière significative le marché du repo", avait alors déclaré le banquier central d'outre-Rhin. Une sortie qui avait alors poussé notre gouverneur à critiquer la taxe mais sans se faire entendre. Jusqu'ici le patron de la BdF a parlé à voix basse, trop basse. Mais il a enfin prononcé les mots justes. "Le projet de la Commission n'est pas viable et doit être entièrement revu", a déclaré le patron de l'autorité de tutelle des banques. Et d'ajouter que le projet européen présente "un risque énorme en termes de réduction de la production là où la taxe s'appliquera, de hausse du coût du capital pour les Etats et les entreprises, de délocalisation importante des activités de trading et de baisse de la liquidité des marchés". De quoi mettre un peu de baume au coeur des banquiers qui jusque là combattaient seuls pour préserver leur industrie. Même si cette intervention arrive bien tard pour peser sur la TTF française -déjà instaurée depuis août 2012- elle arrive in extremis pour soutenir le point de vue hexagonal en Europe. Car les négociations sur les contours d'une taxe Tobin à l'échelle du Vieux Continent n'ont pas encore réellement commencé et tout effort pour vider le texte de sa substance est le bienvenue. Sortant enfin de sa torpeur, Christian Noyer en a profité pour bien faire les choses. D'une part il a attaqué la TTF, d'autre part, il a aussi envoyé un message sans détour au gouvernement Ayrault. "Les efforts doivent à présent porter entièrement sur les dépenses. Il doit y avoir une accélération de la réduction des dépenses. Ce qui signifie une réduction en termes absolus", a-t-il également confié au quotidien britannique. En espérant que ce plaidoyer ne soit pas le dernier !
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