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Habitué des LBO, Cerba Healthcare passe sous pavillon étranger

PAI Partners est entré en négociations exclusives avec le suisse Partners Group et le canadien Investissement PSP pour lui vendre le spécialiste français des analyses médicales, valorisé 1,8 milliard d’euros. En parallèle, un recours judiciaire reproche à la société de ne pas être enregistrée pour son activité vétérinaire.
Cerba Healthcare
Cerba Healthcare

Les LBO de grande envergure en France se font de plus en plus rares, c’est la raison pour laquelle les actifs de bonne qualité s’arrachent entre les fonds de private equity. En voilà une nouvelle preuve aujourd’hui, lorsque PAI Partners est entré en négociations exclusives avec le fonds de pension du secteur public canadien, Investissements PSP, et le suisse Partners Group, pour leur vendre Cerba Healthcare (ex-Cerba European Labs) pour environ 1,8 milliard d’euros. Soit près de 12 fois l’Ebitda de la cible, un multiple élevé lié à la qualité de la société et à l’appétit des fonds, pourvus de capitaux mais qui font face à un déficit d’offre sur le marché. L’opération, conseillée par JP Morgan et Natixis, avait déjà obtenu un préfinancement de 1,1 milliard d’euros de la part de cinq banques (dont JPMorgan et Natixis) .

Selon les rumeurs, Cinven (propriétaire des laboratoires Synlab) avait fait une offre préemptive il y a quelques mois, puis Apax avait montré son intérêt pour le fusionner avec sa participation Unilabs, mais Cerba Healthcare a préféré rester indépendant et donné son feu vert à ces deux candidats avant même la clôture du second tour des enchères. Les acquéreurs ont également consenti à ouvrir le capital à deux fois plus de salariés : au total, 400 managers de l’entreprise deviendront actionnaires à l’issue de cette opération.

Cerba Healthcare est un vétéran des LBO : le groupe est issu de la fusion d’une filiale du Commissariat à l’Energie Atomique et de l’Institut Pasteur en 1998, puis a accueilli Astorg Partners et ICG à son capital, suivi d’IK Investment Partners en 2006, pour une valorisation de 150 millions d’euros. Belle opération pour les actionnaires, qui le revendent pour 500 millions d’euros à PAI Partners, quatre ans plus tard. Sous l’égide du fonds à l’époque dirigé par Lionel Zinsou, le groupe a multiplié les opérations de croissance externe, afin de proposer une solution complète allant du centre de prélèvement au laboratoire de spécialité, mais aussi à la biologie d’essais cliniques. En mai 2015, il a ainsi acquis Novescia et sa centaine de laboratoires en France, pour 275 millions d’euros. Présent en France, en Belgique et au Luxembourg (mais aussi sur les cinq continents sur ses activités de laboratoire central, où il effectue des tests pour des essais cliniques pour des médicaments), il s’est étendu aux Emirats Arabes Unis l’an passé, en rachetant 51% de Menalabs.

En six ans, les revenus de Cerba Healthcare sont passés de 250 à 630 millions d’euros, ce qui en fait le leader français du secteur avec 37% de parts de marché. Pourtant, les opportunités de croissance externe, en France comme à l’étranger, sont encore nombreuses pour les nouveaux actionnaires, sur les différentes activités du groupe, tout comme la stratégie de diversification.

A cet égard, Cerba Healthcare a créé fin 2015 une filiale vétérinaire appelée Cerba Vet, et a procédé à l’acquisition d’Antagène, spécialisé dans la génétique vétérinaire, en septembre dernier. Si l’activité est encore très mineure (4 millions d’euros en 2016), le groupe attend beaucoup de cette activité, qui est encore très fragmentée et pourrait croître à 22 millions d’euros en 2019, selon les estimations de Cerba Heatlhcare. Pourtant, la société fait face à un recours judiciaire d’un concurrent sur cette activité, arguant qu’elle n’est pas inscrite au Conseil National de l’Ordre des Vétérinaires et, à ce titre, n’a pas le droit d’exercer cette activité. Cet enregistrement a été refusé au motif que la filiale devrait être détenue à plus de 50% par des vétérinaires (ce qui est le cas, mais grâce à un montage où les vétérinaires détiennent des actions à 1 euro, selon un article du Canard Enchaîné). La société a fait appel de cette décision fin décembre, dont l’issue sera suivie de près par les futurs propriétaires de Cerba Healthcare.


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