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Trump a fait du Trump à Davos

Accompagné d’une impressionnante délégation, le Président américain a comme prévu invité les dirigeants mondiaux à investir aux Etats-Unis et gardé un ton nationaliste, tout en plaçant quelques piques pour la presse. S’il a appelé en privé à 5-6% de croissance, le PIB américain au dernier trimestre sorti ce vendredi a été nettement moins dynamique.
Donald Trump
Donald Trump

Au Forum Economic Mondial de Davos, Bruno Le Maire pensait avoir fait le buzz vendredi en disant que Paris avait la possibilité de remplacer Londres comme capitale de l’Europe. Mais il a rapidement été éclipsé par la grande star de ce sommet : Donald Trump, venu en VIP avec une impressionnante délégation composée notamment de son secrétaire au Trésor, Steve Mnuchin, et de son conseiller économique Gary Cohn, un habitué de l’événement en tant qu’ancien numéro 2 de Goldman Sachs. Le premier avait déjà fait sensation lorsqu’il avait déclaré qu’un dollar faible était bon pour le commerce extérieur des Etats-Unis, suscitant un fléchissement soudain du billet vert, lorsque l’euro a brièvement passé la barre des 1,24 dollar. Et s’est ensuite ravisé, expliquant que ses propos avaient été déformés qu’il soutenait un dollar fort sur le long terme.

Couac ou intention délibérée ? Nul ne le sait, mais Donald Trump, qui a déjà eu des propos similaires, a de son côté jugé que le dollar deviendrait « de plus en plus fort » avec l’amélioration de l’économie américaine. Et lors de son discours, le Président américain s’est employé à faire la publicité pour les Etats-Unis : « Nous sommes ouverts au business (…) c’est le meilleur moment pour apporter votre activité, vos emplois et vos investissements aux Etats-Unis », a-t-il martelé. Une opération séduction attendue pour un Président en situation de force, qui vient de passer sa réforme fiscale dont il estime qu’elle est « encore meilleure que prévu ».

Pour autant, il ne s’est pas départi de son discours nationaliste, le fameux « America First » qui l'a fait élire et dont il a déclaré qu’il serait bon pour l’ensemble du monde. Et de poursuivre son ton offensif à l’encontre de « ceux qui ont escroqué notre pays », en référence aux barrières douanières. Il a ainsi défendu un commerce international, pourvu qu’il soit « juste » pour les intérêts américains. « Réciproque est le mot le plus important pour Donald Trump », a-t-il ainsi confié dans une interview à CNBC. Sans oublier les désormais traditionnelles piques à l’encontre des médias pour clôturer ses propos - une presse « malveillante » et « fake », a-t-il pointé, des mots qui ont été sifflés selon les personnes présentes dans la salle.

Donald Trump, qui accusait encore récemment les autres pays de « rire de nous », a visiblement adouci son ton dans le cadre de son rôle de « cheerleader » du pays à Davos, comme il l’a lui-même évoqué publiquement. Mais lors du dîner organisé en son honneur hier soir, il n’a pas eu peur d’exprimer des ambitions débordantes pour l’économie américaine, notamment qu’elle progresse de 5 à 6%, et même plaisanté sur le fait qu’elle atteigne un jour 7%. Hasard du calendrier, les chiffres du PIB américain au dernier trimestre tombés ce matin sont pourtant bien moins glorieux : 2,6% en rythme annuel, contre 3,2% le trimestre précédent. L’économie a été impactée par le poids des importations, ce qui sert son message. Mais elle reste sans aucun doute globalement très active, avec une consommation en hausse de 3,8% et des indicateurs favorables côté business. Le pays fait donc bien mieux que les 1,8% de croissance sous-jacente qu’anticipaient les institutions internationales il y a encore quelques mois.


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