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OPA de Schneider Electric sur Invensys : les offres sont de retour

Le groupe dirigé par Jean-Pascal Tricoire prévoit de dépenser 3,8 milliards d'euros pour se renforcer dans le domaine des automatisations. L'arrivée d'un chevalier blanc n'est pas exclue.
L'été 2013 sera-t-il celui des OPA ? On a connu l'été des déroutes bancaires, celui des revendications des actionnaires activistes, celui du retour en force des actions. Place maintenant aux opérations financières? Depuis début mai, plusieurs offres publiques ont émaillé le quotidien des professionnels boursiers. A commencer par l'offre sur l'emblématique Club Méditerranée par le duo Axa PE et Fosun. Sont également en cours l'OPA de la famille Hériard Dubreuil via Andromède sur Oenéo, celle du couple enfin réuni Itefin et Boussard & Gavaudan sur GFI Informatique, celle du canadien Maquarie sur Théolia, sans oublier celle d'Aubay sur Aedian, mais aussi celle de Perceva sur Monceau Fleurs en grosses difficultés, et l'OPE en suspens depuis plus de 18 mois qui va enfin pouvoir se clore d'Icade sur Silic. L'annonce ce matin de l'OPA de Schneider Electric sur Invensys, groupe britannique spécialisé dans les automations, intervient donc dans ce climat de reprise des opérations financières. La nouvelle n'a pourtant pas été reçue très favorablement par les investisseurs, qui ont massivement vendu le titre (il s'est replié de plus de 4% dès les premiers échanges). Stratégiquement, tous les analystes s'accordent pourtant à dire que l'opération a du sens puisqu'elle permettrait au groupe d'accroître sa présence sur le secteur très attractif des automatismes et de bénéficier de synergies très rapidement. Cette opération à 3,8 milliards d'euros est toutefois jugée un peu onéreuse par les spécialistes. D'autant que l'issue de cette aventure est loin d'être écrite dans le marbre puisque le "deal" a été dévoilé ce matin par Invensys sans que Schneider Electric n'en ait été averti. Ce qui fait dire à différentes sources que le britannique chercherait à faire monter les enchères et que l'arrivée d'un chevalier blanc n'est pas exclue. Schneider Electric aurait-il, dès lors, l'intention de surenchérir? Ces supputations n'en sont qu'au stade préliminaire. Pour l'heure, Schneider Electric aurait prévu de payer cette emplette aux deux tiers en cash et un tiers en actions. Une idée judicieuse pour limiter la sortie de cash, tout en profitant des bienfaits d'un cours de Bourse en forme. Le groupe dirigé par Jean-Pascal Tricoire a la chance d'évoluer aux alentours de ses plus hauts niveaux historiques. Ce qui, pour une émission d'actions en vue de rémunérer une acquisition, est optimal. Cette situation permet également à l'entreprise d'éviter de lancer une augmentation de capital dilutive pour financer cet achat. Plusieurs bureaux d'analystes ont immédiatement réagi à cette nouvelle. Certains, comme Exane, n'y voient pas l'occasion de modifier leur recommandation, ni leur objectif de cours qu'ils maintiennent à 64 euros. D'autres, comme Morgan Stanley, estiment que le prix proposé par le français est "juste et raisonnable", tandis que Goldman Sachs ne modifie pas son objectif de 67 euros. Conclusions qu'ils pourraient toutefois rapidement revoir si une bataille boursière s'engageait pour prendre le contrôle d'Invensys. Le titre Schneider évolue en ce début d'après-midi aux alentours de 55,50 euros, en baisse de 4,5%.
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