Place de Paris : Bercy demande conseil à Thierry Francq
L'ancien secrétaire général de l'AMF vient de se voir confier une mission sur l'avenir de la Bourse de Paris, dans le cadre du rachat de NYSE Euronext par ICE. Rapport attendu pour le 1er juillet.
Moins d'un mois : c'est le délai qui vient d'être accordé à Thierry Francq ancien secrétaire général de l'Autorité des marchés financiers (2009-2012) pour éclairer Bercy sur le futur de la Place de Paris. Une décision rendue publique mercredi matin à la suite d'une rencontre entre notre ministre de l'Economie, Pierre Moscovici et le président de Paris Europlace et patron de GDF Suez, Gérard Mestrallet. Les deux hommes se sont entretenus sur "l'avenir de la bourse de Paris, dans le contexte du rachat de Nyse-Euronext par l'Intercontinental Exchange", selon le communiqué du gouvernement.
Pierre Moscovici "a affirmé toute l'attention qu'il porte à cette opération, qui revêt des enjeux majeurs en termes de financement de l'économie". Les deux hommes ont déjà évoqué quelques pistes, et le pensionnaire de Bercy a laissé à Thierry Francq jusqu'au 1er juillet pour rendre ses conclusions. Le gouvernement est en effet à la manoeuvre depuis qu'ICE a annoncé mettre en bourse Euronext une fois l'opération bouclée.
L'ex numéro deux de l'AMF a été nommé mi-mai président du Comité de vérification, organisme chargé de s'assurer de la régularité des opérations et des livres de la Banque européenne d'investissement. Il a ainsi succédé à Danièle Nouy, actuelle secrétaire générale de l'Autorité de Contrôle Prudentiel. Le mandat de Thierry Francq, diplômé de l'Ecole polytechnique et de l'Ecole nationale de statistiques et d'administration économique (ENSAE), expirera en 2014.
Mais quelles que soient les conclusions du rapport, une chose est sûre : point de salut en dehors d'un pacte de gouvernance fort. "S'il n'y a pas d'appétit du côté des grands acteurs, ça ne sert à rien (...) On ne sentira pas de motivation tant que le Trésor ne mouillera pas sa chemise en organisant un tour de table comprenant tous les acteurs de la bourse", selon Hubert de Vauplane, avocat associé au cabinet Kramer Levin Naftalis & Frankel LLP.
Selon lui, les figures emblématiques de la Place auraient tout intérêt à détenir plus de la majorité du capital du nouvel ensemble. Pour ce faire, l'Etat doit montrer l'exemple en prenant environ 10% des parts, de manière à motiver les émetteurs (20%) et les grandes banques françaises (25%). Mais ces dernières freinent les quatre fers en attendant un geste de Bercy sur les dossiers brulants, comme la taxe sur les transactions financières. Parallèlement d'autres entités ont montré un intérêt pour la Bourse, telles que le Nasdaq OMX, Six, ou l'ancien patron de Chi-X. "On peut travailler sur la gouvernance en intégrant des émetteurs dans les fonctionnements d'Euronext, dans les conseils d'administration et dans les comités consultatifs", ajoute Hubert de Vauplane.
Difficile toutefois de motiver les troupes pour investir dans ces activités de cash actions, qui ne sont pas la panacée en matière de rentabilité. "On n'est plus dans un rapport de retour sur investissement. On est quasiment dans du service public. Il faut opérer une remutualisation de l'actionnariat de la Bourse, où les intervenants sont les actionnaires, sans attente de rentabilité spécifique", précise l'avocat. En revanche, certains choix pourraient s'avérer judicieux pour réduire les coûts, comme l'intégration d'une chambre de compensation. Au delà de la question de la gouvernance, la qualité de l'environnement n'est pas à négliger, mais les chantiers sont larges : régulation plus accueillante, rendre attractifs les investissements sur le long terme, poursuivre la révolution technologique, tisser des liens avec d'autres places, etc.
© Copyright WanSquare
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite
Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article
À lire aussi
17/09/2021 - 10:31

