Parlementaires schizophrènes
Tous les parlementaires réclament de la rigueur. Sauf lorsque cela les concerne leur pré carré, comme c'est le cas avec la TVA sur les parcs d'attraction.
Cavour disait que "la pire des chambres vaut encore mieux que la meilleure des antichambres". On ne pourrait trouver meilleure défense et illustration du parlement, expression du peuple souverain. Le seul problème du parlement, ce sont les parlementaires, dés lors qu'ils privilégient leur intérêt particulier à l'intérêt général, comme le montrent depuis quelques jours certaines déclarations des meilleurs d'entre eux à propos du plan de rigueur gouvernemental.
Ce plan de rigueur a été largement souhaité et demandé par les députés et sénateurs, sans doute pour se faire pardonner de voter, sans grand scrupule, depuis plus de 35 ans des budgets systématiquement déficitaires. Les voilà donc aujourd'hui convertis à la plus pure des orthodoxies financières. Et qui donc s'en plaindrait ?
François Fillon, aidé de François Baroin et de Valérie Pécresse leur a donc bâti un plan de rigueur de 12 milliards d'euros (dont un milliard pour 2011). Un plan qui a le seul défaut de mettre davantage l'accent sur la hausse des prélèvements que sur la baisse des dépenses publiques (seulement 1 milliard d'euros sur les 12 milliards d'efforts demandés aux français).
Il reste que, quelles que soient les qualités ou les imperfections de ce plan, il faut maintenant le voter, et le mettre en oeuvre dans les meilleurs délais, car l'essoufflement de la croissance commence à impacter les recettes fiscales. Ce qui se traduit par un déficit budgétaire plus important que prévu pour l'année 2011, comme l'a révélé hier Valérie Pécresse.
Malgré cela, il se trouve quelques députés et sénateurs décidés à faire des effets de manche à propos de ce plan. Non pas, hélas, en réclamant davantage d'économies, et en se mettant ainsi au service de l'intérêt général. Mais en chipotant sur les lignes les moins significatives de ce plan. On assiste notamment à un vrai tir de barrage contre le relèvement du taux de TVA sur les parcs d'attraction, mesure qui ne rapporterait que 100 millions d'euros, soit un quart de ce que coûte chaque année le Sénat en fonctionnement. Jean-Pierre Raffarin, sénateur attaché aux intérêts du Futuroscope ou Philippe de Villiers, au nom du Puy du Fou, font notamment preuve d'un activisme débordant.
D'autres parlementaires, comme Jean Arthuis, Alain Joyandet ou Michel Piron, trouvent, à l'inverse que la contribution exceptionnelle demandée à ceux qui perçoivent un revenu supérieur à 500.000 euros est bien modeste. Son produit attendu serait de 200 millions d'euros. Mais ils se verraient bien doubler le montant de cette taxe et changer son assiette de manière à ce qu'elle rapporte au moins 400 millions d'euros. Bref, leur souci semble être davantage de plaider en faveur de la France qui s'amuse dans les manèges, qu'en faveur de la France qui travaille dur pour faire de la croissance. Allez comprendre !
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17/09/2021 - 10:31

